L'Horeca n'est pas épargné par les décisions budgétaires du gouvernement fédéral. A partir du 1er janvier, une hausse de la TVA de 6 à 12% sera effective. Ce qui inquiète les commerces et les poussent à s'adapter.
Dans un restaurant à burgers gembloutois en bord de Nationale 4, les livraisons via la célèbre application orange de commande en ligne Takeaway sont désormais de l'histoire ancienne. Seules les livraisons par téléphone subsistent. La raison derrière ce changement : l'augmentation de la TVA de 6 à 12 % sur les livraisons et plats à emporter. Une mesure qui touche l'HORECA en plein cœur.
« C'est une mésaventure de plus. Mais on est tellement habitués depuis plus de 5 ans qu'on va y faire face », déclare Stéphane Van Espen, gérant du restaurant. « Mais c'est sûr que c'est malheureux. Je pense qu'ils se trompent et qu'ils pourraient être un petit peu plus tolérants. Chez nous, on fait du mieux qu'on peut. On parvient quand même à créer de l'emploi, que ce soit avec nos salariés, les étudiants ou les flexi-jobs. »
Une mesure « injuste »
Même sentiment d'inquiétude dans une pizzeria bien connue en bas de la Grand-Rue à Gembloux. Sur une margarita vendue 10 € et livrée gratuitement, la taxe TVA passe de 60 centimes à 1,2 €. Une faible augmentation sur papier, mais qui met Patrizia et son commerce dans une situation inconfortable. « On a déjà un peu augmenté nos prix. On ne peut pas constamment les revoir à la hausse. Il va falloir qu'on se penche sur la situation avec notre comptable. »
La mesure est perçue comme injuste et déconnectée de la réalité. Pourquoi faire peser un poids supplémentaire sur un secteur qui a déjà du mal à joindre les deux bouts ?
« Pourquoi on s'attaque à nous ? » s'interroge Patrizia. « C'est vraiment un métier très difficile, physiquement et mentalement. On se bat au quotidien depuis 19 ans pour préserver notre clientèle. » Malgré un investissement à plein temps, « on est stressés et angoissés. On travaille sans cesse, et malgré ça, on a des difficultés à honorer nos factures. Ce n'est pas normal. »
Une répercussion sur les prix
Effective à partir du 1er janvier 2026, cette augmentation de TVA force les restaurateurs et commerçants à s'adapter. Une augmentation des prix pour la clientèle semble inévitable.
« Diminuer notre marge bénéficiaire, ça devient impossible. Diminuer la qualité de nos produits, on ne le fera pas non plus », souligne Stéphane Van Espen. « Malheureusement, c'est sur le prix qu'on va devoir répercuter ces pourcentages TVA en plus. »
Reste à espérer que ces augmentations de prix n'affecteront pas les volumes et la demande des clients, pour qui l'inflation et la diminution du pouvoir d'achat sont déjà une réalité bien ancrée au quotidien.
Sur le même sujet
Recommandations
Le Domaine des Possibles : un lieu qui grandit et se diversifie
À Walhain, l’œnologie se découvre à l’aveugle et en toute modération
15 exclus du chômage ont poussé la porte du CPAS de Gembloux : on en attend d'autres
L’ULiège internalise la gestion du restaurant universitaire de Gembloux Agro-Bio Tech
Diminution du budget pour l'aide alimentaire : au Resto du Cœur de Gembloux, "on fera en sorte d'aider un maximum de personnes"
CPAS : la marche à suivre pour les personnes exclues du chômage au 1er janvier 2026
Marché de Noël sponsorisé par une marque à Perwez : quelles retombées pour le commerce local?