Des fonds européens et fédéraux permettent à la Belgique de fournir les associations et CPAS en denrées alimentaires de longue conservation. Mais le budget va être raboté d'un tiers en 2026. Au Resto du Coeur de Gembloux, on avance à tâtons.
Le vendredi matin, au Resto du Cœur de Gembloux, c'est distribution des colis alimentaires. La première de l'année est symbolique, car, on le sait, 2026 s'annonce compliqué. Le gouvernement fédéral a annoncé que le budget pour l'aide alimentaire allait passer de 27 à 15 millions d'euros. Soit une diminution d'un tiers! L'inquiétude est donc de mise pour les acteurs du secteur et ses bénéficiaires.
"À l'heure actuelle, on ne peut toujours pas dire ce qui va se passer, ni même comment on va pouvoir réagir", déplore Sandra Bifarella, coordinatrice de la plateforme gembloutoise. Un mot-clé pour 2026 : anticipation. "On va devoir faire des cases, des subdivisions, on va devoir filtrer. Encore une fois, par rapport aux personnes en situation de précarité, définir qui est en plus grande précarité. On va devoir contrôler. C'est compliqué..."
La Belgique reçoit de l'Union européenne 10 millions d'euros de denrées alimentaires de "longue conservation" (pâtes, riz, conserves, lait, huile, etc.) qui sont distribués par des associations dans des colis alimentaires. En contrepartie, le gouvernement fédéral doit payer une certaine somme pour acheter davantage de produits secs. Ce montant va diminuer à 5 millions en 2026. Il faudra donc d'autant plus compter sur les dons et les invendus des magasins. Mais là aussi, la concurrence est rude avec les nombreuses plateformes qui proposent les invendus aux particuliers à prix séduisants.
"Aider différemment"
Cela veut-il dire que le Resto du Cœur aidera moins de personnes? "Aider moins, je ne sais pas. Aider différemment, certainement. Peut-être partager avec plus de personnes, les mêmes quantités de marchandises", se demande-t-elle. Avec les premières exclusions du chômage, la structure craint pourtant une augmentation de la demande d'aide. Une demande qui ne cesse déjà d'augmenter ces dernières années. Mais rien ne dit que les exclus du chômage pousseront, ou oseront pousser, la porte de l'association.
Pour Sandra Bifarella, le Resto du Cœur ne doit, et ne peut pas, remplacer l'État dans ses fonctions d'aide aux plus démunis. "On fera en sorte d'aider un maximum de personnes, mais on n'est pas un plan B. Pour toute personne n'ayant plus de budget pour payer les factures, pour garantir un loyer, nous ne sommes pas des magiciens", martèle la coordinatrice, insistant sur le besoin d'une solution structurelle. "On sollicite les personnes en leur disant de ne pas hésiter à venir, expliquer qui vous êtes et ce que vous vivez."
Pour les bénéficiaires, le Resto est crucial. Il offre, à toute une série de profils, une aide pour se nourrir à bas prix, mais aussi un contact social. À Gembloux, une équipe de 47 bénévoles fait tourner le service : entre colis alimentaire, la boutique et les deux repas partagés des mardis et jeudis soir. En 2024, par exemple, 83.510 repas avaient été distribués.
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