Une centaine d'arbres abattus par la commune de Chastre, le 29 décembre, sans autorisation. Les ouvriers auraient transformé une opération d'entretien en une véritable coupe à blanc : 92 cyprès en sont les victimes.
Tout ne s'est pas passé comme prévu, le 29 décembre dernier. Le bourgmestre de Chastre le conçoit. Alors qu'un travail d'élagage était au programme, ce sont finalement 96 arbres qui ont été coupés : 92 cyprès, un frêne et trois érables. À la base, la Commune avait décidé d'abattre un frêne pour assurer la sécurité de la plaine de jeux en-dessous et de la cour de récré de l'école de Cortil, toute proche. "On voit bien qu'il est complètement creusé. Si une branche morte tombe sur un enfant... Il y a des mesures de précautions", défend d'abord Thierry Champagne (Chastre 20+ LB).
Il était également prévu de couper les têtes des 92 cyprès qui formaient un sentier le long de la cour de l'école, en partie sur le Domaine des Possibles. "Les ouvriers communaux ont étêté ces cyprès. À un moment donné, ils se sont rendus compte qu'on se retrouvait avec que des piquets et que les arbres étaient très cassants", raconte le bourgmestre. Une branche est même tombée sur le bras de la machine utilisée. La réflexion de tout abattre s'est alors mise en route. Et fut brève. Les arbres ont été coupés, en moins d'une matinée à peine.
Une coupe drastique qui a été décidée, à chaud, sur le terrain, pour un prix défiant toute concurrence, nous dit le bourgmestre. L'entreprise chargée de s'occuper du frêne, et donc présente sur place, a proposé de s'occuper aussi des cyprès. Chose qui a été faite sans passer par le collège communal.
"Abattage illicite"
Choqué, le groupe Ecolo parle plutôt d'abattage illicite. "Ça a été fait sans permis, sans demander aucune autorisation. Il y a des règles à respecter", martèle Hélène Ryckmans. La conseillère Ecolo a elle-même prévenu le DNF, le Département Nature et Forêts, qui est venu constater sur place. Le DNF a ordonné de stopper le chantier : le dessouchage ne pourra pas avoir lieu tant que la commune ne s'est pas mise en règle.
Fallait-il demander un permis? C'est au DNF de répondre à cette question. Certains arbres étaient considérés comme "remarquable" par la législation wallonne. La commune a demandé une régularisation a posteriori. Sur la forme, le bourgmestre parle d'un "bug" dans la gestion communale. "J'aurais préféré qu'on travaille plus en amont. Pourquoi la demande n'est pas passée au collège? Ce n'est pas à moi de le dire... Je peux faire un mea-culpa. Mais ça reste du personnel communal qui essaie de travailler de son mieux. Dans ce cas-ci, ils ont été très efficaces. Peut-être un peu trop...", réagit Thierry Champagne.
300 plantations prévues en compensation
Sur le fond, le mayeur estime qu'il s'agissait tout de même d'une bonne décision. "Dans les cinq ans à venir, on aurait dû travailler sur la sécurité de ces cyprès."
Ecolo déplore la perte de biodiversité et le manque de réflexion globale autour de la santé des arbres. En compensation, la commune prévoit 300 plants sur le site, après une concertation avec le Domaine des Possibles et l'école de Cortil. 150 arbres et des haies devraient donc être replantés cette année. "Pour nous, c'est le strict minimum, de replanter trois pour un abattu", réagit Hélène Ryckmans. "C'est l'occasion de proposer quelque chose d'encore meilleur. Mais il faut se rendre compte qu'il faudra des années avant de réassurer le bilan carbone de ces arbres."
Sur le même sujet
Recommandations
Le JT du week-end en langue des signes - Samedi 24 janvier 2026
Les travaux vont commencer sur le site de l'ancienne briqueterie de Grand-Manil
Le JT du week-end en langue des signes - Samedi 17 janvier 2026
Gembloux : le nouveau Foyer communal et le Château du Bailli se transforment
Les deux nouvelles conseillères communales Ecolo à Chastre sont connues
Vœux du Bourgmestre : 2026, une année de défis et de projets urbains pour Chastre