Les batraciens ont entamé leur migration vers les zones de reproduction. Pour atteindre les milieux aquatiques, grenouilles, crapauds et tritons doivent traverser des routes très fréquentées. À Grand-Leez, Natagora se mobilise pour sécuriser leur passage.
C'est un peu la période de la Saint-Valentin pour les batraciens. Sortis de leur phase d'hibernation, ils se réveillent pour passer à celle de la reproduction. Elle a lieu à la tombée de la nuit à la sortie de l'hiver, quand plusieurs conditions météorologiques sont réunies.
"Il faut être sensible à la météo pour pouvoir anticiper les passages. Idéalement, les températures doivent atteindre les 7 ou 8 degrés, avec un temps humide en raison de leur peau sensible", explique Corinne Lejour, responsable du site de batraciens à Grand-Leez pour Natagora. "Et il ne faut pas qu'il y ait trop de vent non plus, parce qu'alors ils ne sortent pas."
Des bénévoles dévoués
Problème pour ces batraciens, ils sont forcés de traverser des routes pour rejoindre leur lieu de reproduction. Équipés de lampes et de chasubles, des bénévoles de Natagora interviennent donc pour les protéger. "Passer une soirée sous la pluie, ce n'est pas ce qu'il y a de plus chouette, on pourrait préférer rester dans son fauteuil devant la télé bien au chaud", confie Isaline à notre micro en souriant. "Mais quand je rentre chez moi, je sais que j'ai fait quelque chose de bien et c'est ça qui me tient à cœur."
"On manque un peu de personnes, je me sens donc vraiment utile", témoigne de son côté Mireille. "Et ça fait du bien. Quand on voit qu'on a pu sauver tous ces animaux, ça met du baume au cœur. C'est plein d'énergie. J'invite donc tout le monde à le faire, c'est vraiment gai."
Rouler au pas, en dessous de 30 km/h
À côté de ces bénévoles dévoués, les automobilistes ont eux aussi une responsabilité. Sur les tronçons à risque, ils sont obligés de limiter leur vitesse à 30 km/h.
"Au-delà de 30 à l'heure, le batracien va être aspiré. Il n'y aura pas de blessures visibles, mais l'intérieur du batracien risque d'exploser", met en garde Corinne Lejour. "On pense qu'en roulant plus vite et en passant au-dessus on les évite, mais au contraire, on les tue quand même. C'est vraiment important de rouler au pas"
Des chiffres à la baisse
D'une pierre deux coups, sauver les batraciens le long des routes revient donc à sensibiliser les conducteurs et conductrices à la cause des grenouilles, crapauds et autres tritons. Mais l'opération présente un autre avantage, celui du recensement.
"Tous les soirs, en fonction des animaux qu'on a sauvés, on encode et ça nous permet de tenir des statistiques. Et je peux vous dire que d'année en année, on a observé un vrai déclin. Il y a 15 ans, on en sauvait des milliers sur la saison. Maintenant, ce sont quelques centaines", relève Corinne après avoir déposé une dizaine de crapauds sur la rive de l'étang de Grand-Leez. "Mais au moins, ces chiffres nous permettent de montrer aux autorités que la biodiversité est vraiment malmenée."
Natagora invoque la sécheresse et le changement climatique pour expliquer cette diminution significative des batraciens. Mais aussi l'utilisation de pesticides en agriculture et l'urbanisation croissante, qui détruisent chaque jour un peu plus leur habitat naturel.
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