Ce jeudi soir, la Fédération Wallonne de l'Agriculture (FWA) organisait son congrès annuel. Au programme: des échanges autour des pressions qui s'accumulent sur les cultures et exploitations. Avec bien évidemment le MERCOSUR en ligne de mire.
Rendez-vous incontournable pour le monde agricole, le Congrès de la Fédération Wallonne de l’Agriculture réunit chaque année de nombreux exploitants et professionnels du secteur. Le syndicat veut mettre à profit ce rendez-vous 2026 pour rappeler les nombreux défis de la profession, tout en se montrant porteur de solutions.
« Au quotidien, les agriculteurs sont confrontés à de multiples risques. Ce soir, on a voulu en mettre deux en évidence. D’une part, les risques commerciaux, pour faire le lien avec le MERCOSUR. Et d’autre part, les risques sanitaires, faisant le lien avec les problèmes des produits phytosanitaires, la fièvre catarrhale et les maladies », dévoile Benoît Haag, secrétaire général de la FWA.
« Le message que l’on veut faire passer, c’est qu’on est confronté à ces risques, mais qu’il faut travailler ensemble pour trouver des solutions. Des solutions pragmatiques, qui peuvent tenir la route économiquement, tant pour les activités animales que végétales. »
Le MERCOSUR devant la CJUE
Invitée de marque de ce congrès, la députée écologiste Saskia Bricmont. C’est elle qui, au Parlement européen, vient d’obtenir une majorité pour demander à la Cour de justice de l’Union européenne d’examiner la légalité du texte du MERCOSUR.
« Il y a une concurrence déloyale dans cet accord qui est absolument anormale », explique la députée. « Il faut donc mettre en place de véritables clauses miroirs, pour assurer que ce qui rentre sur le territoire européen soit bien tracé, contrôlé et, le cas échéant, exclu de notre marché si les normes ne sont pas respectées. »
Cette demande d’avis auprès de la justice européenne sonne comme une bouffée d’air pour le monde agricole. L’accord ne pourra pas être signé par le Parlement tant que la Cour n’aura pas rendu son verdict. Mais le combat dans l’hémicycle est loin d’être terminé.
« C’est un peu de répit, mais dans les faits, on sent que le rouleau compresseur de l’Union européenne est lancé et ne semble pas vouloir s’arrêter là. Mais en effet, nous étions demandeurs, à la FWA, d’une analyse juridique du MERCOSUR », souligne Benoît Haag.
« Pour moi, une chose est claire : la majorité du Parlement en faveur de ce traité est loin d’être acquise », précise de son côté Saskia Bricmont. « On a gagné cette résolution sur la CJUE. Le tout, c’est maintenant de continuer le travail au Parlement, avec les agriculteurs, la société civile et les citoyens, pour construire une majorité qui va in fine s’opposer à cet accord. »
Des solutions innovantes
Vous l’aurez compris… le MERCOSUR est sur toutes les lèvres lors de ce congrès de la FWA. Mais l’événement reste aussi l’occasion pour de nombreux acteurs d’échanger sur des solutions d’avenir innovantes. Félicien Pastur travaille par exemple sur la culture du bambou.
« C’est une solution qui consiste à planter du bambou sur une parcelle, en collaboration avec les agriculteurs », explique le jeune porteur de projet. « Pourquoi le bambou ? Parce que c’est l’une des plantes qui capte le plus de carbone au monde et qui génère énormément de biomasse. Avec le bambou, on sait faire du tissu, de l’isolation, on sait l’utiliser dans la construction ou nourrir les animaux. Les débouchés sont multiples et les besoins d’entretien des cultures relativement faibles. »
Entre inquiétudes et espoirs, ce congrès de la FWA met donc en lumière un secteur en pleine mutation. Face aux accords commerciaux et aux défis économiques et climatiques, le monde agricole wallon entend faire entendre sa voix.
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