Il y a une semaine, une cinquantaine de moutons, 150 volailles et un cheval ont été saisis à Ciney pour maltraitance. Plusieurs ont été pris en charge par des refuges à Gembloux. Face à la répétition de ces faits, les autorités exigent de la fermeté.
Amaigrie, la peau sur les os, la structure Equitom Namur héberge depuis plusieurs jours une jument que l’on pourrait qualifier de « miraculée ». Récupérée lors d’une saisie de grande ampleur à Ciney, elle était victime de maltraitance et de malnutrition. C’est grâce à l’intervention rapide de l’Unité wallonne du Bien-être animal (UBEA), épaulée par le Rêve d’Aby et la clinique vétérinaire Equitom, qu’elle a pu être sauvée.
« Elle était extrêmement malnutrie, très maigre, dans un état que l’on qualifie de cachexie avancée », dévoile Florent David, directeur du centre Equitom Namur. « Elle n’avait plus de réserves de graisse, tout avait fondu. Elle avait énormément de plaies sur la peau, parce que les os étaient en train de sortir de cette peau devenue très fine. »
Une suspension de permis de 60 jours
Même situation d’urgence pour ces moutons, récupérés eux aussi à Ciney… Face à ces cas de maltraitance qui tendent à se reproduire, Adrien Dolimont, ministre wallon en charge du bien-être animal, entend agir. Il souhaite instaurer une suspension automatique du permis de détention d’un animal, applicable dès qu’une saisie est opérée et qu’une enquête d’une durée de 60 jours est ouverte.
« On ne dispose pas de tous les leviers, mais on doit pouvoir utiliser le plus fermement possible tous ceux qui sont à notre disposition », explique le ministre. « Celui-ci en fait partie. On ne veut pas seulement l’appliquer à la personne suspectée de maltraitance. On veut aussi l’étendre à la composition du ménage du maltraitant. »
Une première pierre
Concrètement, c’est une révision du Code du bien-être animal que le ministre veut mettre sur la table. Un passage à l’action salué par les acteurs de terrain, en première ligne face à la maltraitance animale.
« C’est un premier pas très important pour nous. Cela signifie qu’une personne qui a été séparée de ses animaux pour cause de maltraitance ne peut pas aller en rechercher dès le lendemain et recommencer la même chose », souligne Sophie Locatelli, présidente du refuge du Rêve d’Aby. « Et cela permettra aux personnes visées de réfléchir à leurs actes et de se rendre compte que les animaux ne sont pas des produits de consommation, mais des êtres sensibles dont il faut prendre soin. »
Un volet préventif
Le ministre Dolimont semble lui aussi sur la même longueur d’onde. À côté du volet punitif, l’aspect préventif ne doit, selon lui, pas non plus être oublié.
« La prévention est l’un des grands leviers du bien-être animal. C’est fondamental de montrer qu’un animal n’est pas un objet. C’est un être vivant dont on doit s’occuper, ce qui implique une grande responsabilité, comme celle d’un parent envers son enfant. »
Selon le cabinet du ministre, le projet de révision du Code du bien-être animal devrait arriver rapidement sur la table du gouvernement wallon. Une consultation du texte devant la section de législation du Conseil d’État est prévue.
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