En Belgique, le fort de Breendonk a servi de camp de détention et de transit vers Auschwitz. Les élèves de rhéto du collège Da Vinci de Perwez ont pu prendre part à la visite de ce lieu de mémoire. Compte rendu.
Au Fort de Breendonk, le temps passe mais le devoir de mémoire persiste. Camp de transit et de détention durant la Seconde Guerre mondiale, plus de 3 500 personnes y ont été emprisonnées, et des centaines d’entre elles torturées ou décédées. Le lieu est aujourd’hui devenu un mémorial, un espace de recueillement, pour transmettre aux jeunes générations une histoire à ne pas oublier.
« C’est assez rude, je crois qu’on n’arrive pas vraiment à s’imaginer les horreurs que ces prisonniers ont vécues pendant des mois, voire des années », confie Maxime, élève de rhéto. « Être ici, ça nous pousse à nous mettre à la place de ceux qui étaient enfermés dans le fort. On peut se rendre compte à quel point c’était difficile », relève Ollens. « Tous ces gens ont beaucoup souffert, pour au final nous permettre d’être libres comme nous le sommes maintenant », souligne Maruschka.
Le passé pour comprendre le présent
Ces élèves de rhéto qui s’expriment ont fait le déplacement depuis le collège Da Vinci à Perwez pour être présents ici, à Breendonk. La visite du fort, prise en charge par la province du Brabant wallon, donne l’opportunité aux professeurs d’histoire d’emmener leurs étudiants sur les traces du passé, et ainsi de mieux comprendre notre présent.
« Ça fait 20 ans que je viens ici, mais depuis 4 à 5 ans, je me rends compte à quel point il est fondamental de leur montrer cet endroit », explique Julie Simonart, professeure d’histoire au collège Da Vinci de Perwez. « Il y a bien sûr un devoir de mémoire. Mais il y a aujourd’hui aussi un devoir de réaction. J’essaie d’en faire des jeunes qui réagissent par rapport à ce qu’ils observent dans notre monde actuel. C’est nécessaire de faire des ponts entre le passé et le présent, parce qu’on est malheureusement bombardés de faits d’actualité qui sont de plus en plus proches de ces années-là. »
Questionner la nature humaine
Tortures, privation de nourriture, traitements inhumains… La visite de Breendonk pousse également ces jeunes visiteurs à une introspection sur la nature humaine. Comment certains hommes ont-ils pu, à un moment donné, commettre autant de violences envers leurs semblables ?
« Pas mal de gens pensent que les bourreaux étaient des psychopathes ou des idiots. Mais je crains que ce ne soit pas le cas », analyse Pieter Quirynen, guide au fort de Breendonk. « Ce sont des gens comme vous ou moi, à la différence qu’ils ont été déshumanisés et sont tombés dans un cercle de violence. »
Partager le message
Il ne fait pas de doute : à la sortie du fort, la visite semble avoir insufflé chez ces jeunes de Da Vinci une véritable prise de conscience, et une mise en action. « On en parle en cours, mais le fait de venir sur place nous permet de nous rendre compte de la souffrance des gens emmenés ici », décrit Faustine. « C’est sûr que maintenant, je vais vouloir en parler autour de moi, à ma famille, et même à mes enfants plus tard », conclut Maxime. « C’est important de continuer à partager ce message. »
« Continuer à partager ce message » : la volonté de Maxime se veut à la fois porteuse d’espoir et emplie de responsabilité, pour que les pages les plus sombres de l’histoire ne refassent jamais surface.
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