Le secteur de la pomme de terre industrielle est en crise en Belgique. Aujourd’hui, le prix de ces pommes de terre est tombé à zéro euro. Une crise inédite qui fait trembler les agriculteurs.
Dans l'exploitation de Charles-Edouard Gourdin, l’inquiétude gagne les employés. Depuis des mois, le prix des pommes de terre industrielles est en chute libre. En mars dernier, une tonne coûtait 10 euros, une très mauvaise affaire pour les producteurs. « C'est catastrophique. Nous n'arrivons plus à exporter les pommes de terre pour frites. On le ressent financièrement, surtout avec le prix du carburant et des engrais », constate le producteur.
Dans le meilleur des cas, les agriculteurs signent des contrats, ce qui leur permet de sécuriser leurs revenus. Mais cette situation n’est pas systématique. « Il y a des pommes de terre qui ne sont pas concernées par des contrats. Les usines ne veulent plus les prendre », déplore Charles-Edouard Gourdin. Le pessimisme règne dans le secteur. « À mon avis, il faudra deux ou trois ans pour que tout revienne à la normale ».
Une crise inédite et alarmante qui combine plusieurs facteurs. « On a planté plus de surfaces de pommes de terre. L’été passé a été favorable à leur croissance, et le rendement a été très bon. Cela représente plusieurs millions de tonnes de pommes de terre en plus par rapport à l’année passée », analyse Daniel Ryckmans, conseiller technique et économique à la Filière wallonne de la pomme de terre. La Belgique doit également faire face à la concurrence récente de deux pays qui se sont insérés sur le marché. « L’Inde et la Chine développent leur production de frites congelées et les exportent dans leurs régions respectives, des zones où la Belgique exportait ».
Pour écouler l’excédent, plusieurs solutions existent. « Une partie sera utilisée pour nourrir le bétail, l’autre pour la biométhanisation. Il y aura aussi des dons à des associations, mais à faible volume. Le compostage est une autre option ».
Le marché belge devra dorénavant composer avec cette concurrence étrangère. Mais notre pays possède un avantage non négligeable : la qualité de ses pommes de terre. Un argument de taille pour relancer le secteur.
Sur le même sujet
Recommandations
Perwez : les apprentis en mécanique agricole de l’IFAPME face à la ministre Dalcq
Gembloux : "Aquabio", une nouvelle solution pour lutter contre le mildiou
Walhain : quelques astuces pour bien s’occuper de son potager au début du printemps
Potager des Possibles : l’autocueillette comme nouvelle formule
Agriculture : la Wallonie se dote d'un nouveau plan "réaliste" contre l'érosion des sols
Gembloux accueillera le futur "hub" agri-biotech wallon
Méthane et filière laitière : une journée de rencontres à Gembloux Agro-Bio Tech
Congrès de la FWA : le MERCOSUR au coeur des échanges