Réduire l’usage des pesticides chimiques en protégeant efficacement les cultures : un défi majeur pour l’agriculture. À Gembloux, Gilles Stouvenakers, docteur en sciences agronomiques, développe une solution innovante à base d'une bactérie.
Se débarrasser du mildiou, une maladie qui dégrade les cultures de tomates, de pommes de terre ou encore de vignes : tel est le projet ambitieux de Gilles Stouvenakers. Depuis des mois, il développe une solution prometteuse. "Il s’agit d’un produit à base d’une nouvelle bactérie de biocontrôle. Elle agit contre les agents pathogènes. Elle produit des cellulases qui dégradent les parois de certains champignons et stimule les défenses végétales, un peu comme un vaccin le ferait chez l’homme", explique le chercheur et le concepteur du projet "Aquabio".
L’utilisation de cette bactérie dans cette solution constitue une première. Une innovation qui permet au laboratoire de phytopathologie de la faculté gembloutoise de se démarquer. "La matière active est une nouvelle bactérie, encore peu connue pour ce type d’application. C’est ce qui nous différencie de nos concurrents. Il s’agit d’un produit supplémentaire que l’agriculteur pourra utiliser", précise-t-il.
En laboratoire, l’efficacité du produit atteint les 80%, un chiffre plus que satisfaisant. Même si les conditions n’ont pas toujours été propices aux expérimentations. "En 2024, il y a eu beaucoup de pluie. En 2025, les conditions ont été très sèches et assez chaudes. Dernièrement, nous avons pu réaliser des essais hors-saison en Italie avec des résultats très encourageants", ajoute le chercheur.
Des essais pilotes sont actuellement en cours. Ils marquent la dernière phase du projet avant une éventuelle mise sur le marché du produit. "Nous allons encore tester le produit en conditions réelles. Ces essais sont sous-traités en Europe à des organismes agréés. Nous espérons ainsi valider notre technologie et son efficacité afin de convaincre les investisseurs", conclut Gilles Stouvenakers.
Si ces derniers tests s’avèrent concluants, une spin-off, née de la recherche universitaire, pourrait voir le jour dès 2027.
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