Début de semaine, GAIA lançait une campagne choc pour dénoncer les souffrances des vaches et de leur veaux engendrées par la production de lait. Une action choc contre l'industrie laitière, qui ne plait à la FWA, la Fédération Wallonne de l'Agriculture.
« Un veau séparé de sa mère juste après sa naissance. Et cela dans le but d'exploiter le lait produit par la vache. »
C'est à travers ces images que l'association GAIA lance une toute nouvelle campagne pour dénoncer les souffrances que l'industrie laitière inflige aux bovins. Un message fort, clivant pour certains, diffusé à l'occasion de la Journée mondiale du lait du 1er juin. Mais que le groupe d'action pour l'intérêt des animaux estime nécessaire pour sensibiliser à la cause animale.
« L'industrie laitière et le lait, c'est vraiment un problème systémique. On va d'abord avoir des vaches qui sont inséminées pratiquement toute leur vie, parce que pour produire du lait, il faut avoir des veaux », rappelle Sébastien De Jong, directeur des opérations chez GAIA. « Ensuite, les veaux vont être arrachés à leur mère dès la naissance pour être isolés, une pratique généralisée en Belgique alors que cela se passe autrement dans d'autres pays. Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'un veau sur huit va mourir avant même d'arriver à l'abattoir, à cause des mauvaises conditions de détention. »
Une campagne d'« agribashing »
Sans surprise, cette campagne, diffusée en masse à la télévision, sur les plateformes en ligne, mais aussi au cinéma, fait réagir. La FWA, la Fédération wallonne de l'agriculture, ne mâche pas ses mots. Elle accuse GAIA d'agribashing contre les éleveurs.
« Sur la question de la production de lait, il faut quand même remettre les pieds sur terre. Une vache dans un troupeau avec un taureau est saillie tous les ans, avec un veau tous les ans et une production de lait tous les ans. Donc, nous ne faisons rien d'autre que suivre ce que les processus biologiques nous permettent », se défend Thomas Demonty, conseiller en productions animales à la FWA. « Nous ne jouons pas aux petits sorciers en manipulant le vivant. »
Une attention au bien-être du veau
Quant à l'accusation de faire souffrir la vache en lui retirant son veau, le secteur agricole dénonce là aussi une vision tronquée, ne reflétant pas la réalité des exploitations. Le bien-être animal est, selon Thomas Demonty, au coeur des préoccupations des éleveurs.
« Quand on s'occupe d'un veau de manière individuelle, on peut suivre toute son évolution et sa croissance, ce que l'on appelle dans le secteur le démarrage. On vérifie qu'il ingère bien la bonne quantité de colostrum pour lui offrir la meilleure immunité possible et s'assurer qu'il ne souffre pas de maladies, de diarrhées ou de contaminations par d'autres bactéries. Il faut se rendre compte que les veaux constituent, pour l'éleveur, le cœur de son exploitation. »
GAIA ouverte au dialogue
Ce sont donc ici deux visions radicalement opposées qui s'affrontent. De son côté, GAIA souligne ne pas s'en prendre aux éleveurs, mais à une pratique. L'association se dit ouverte à la discussion.
« Que ce soit avec les agriculteurs ou dans la grande distribution, ce sont des démarches que nous entreprenons très régulièrement au-delà des campagnes, afin d'obtenir des avancées », déclare Sébastien De Jong. « Ils sont donc les bienvenus pour dialoguer avec nous. Nous serons ravis de venir avec des éléments factuels, des alternatives et des possibilités d'évolution pour les animaux. »
La FWA indique, par voie orale, prendre note de cette ouverture au dialogue. Mais elle regrette cette campagne à charge, qu'elle juge « contre-productive pour permettre un échange apaisé ».
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