La réduction des pesticides : un enjeu majeur de société auquel les agriculteurs sont confrontés. Regenacterre, Sytra et la FWA ont rédigé une note à ce propos. Elle a été remise à la Ministre wallonne de l’Agriculture à Perwez, au hangar Regenacterre.
Utiliser moins de produits phytosanitaires. Une volonté que ne cachent pas les agriculteurs wallons. C’est en tout cas le constat présent dans une note co-rédigée par Regenacterre, Sytra et la Fédération Wallonne de l'Agriculture. Dans ce rapport, ils proposent cinq pistes de solutions pour appliquer cette volonté à l’échelle régionale. Adapter les règles de marché, sécuriser les revenus ou encore investir dans l’accompagnement et la compétence... Voilà certaines des recommandations. « Le terrain est prêt. Nous voulons une politique régionale et fédérale cohérente qui tient compte des avis de la note », affirme Daniel Coulonval, président de la Fédération Wallonne de l’Agriculture.
Effectuer cette transition vers une utilisation moindre des produits phytopharmaceutiques comporte certains risques pour une exploitation, notamment sur le plan financier. Ce qui dissuade les agriculteurs. « Il manque une bonne compréhension économique de la ferme. La prise de risque pourrait être atténuée grâce à un meilleur pilotage économique de l’agriculteur. Nous sommes en train de réfléchir à la mise en place d’outils de monitoring afin qu’ils sachent où ils en sont économiquement », explique Frédéric Marutori, directeur de Regenacterre.
Les agriculteurs se veulent vecteurs de solutions. Mais selon eux, pour les mettre en place, pas le choix : une approche globale est nécessaire. « L’agriculteur est le maillon faible de la chaîne alimentaire. Il porte seul les risques lorsqu’il rencontre un problème agronomique de grande ampleur », précise le président de la FWA.
La note remise à la Ministre wallonne de l’Agriculture
La note a été remise en main propre à la Ministre wallonne de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq (MR). Elle reconnaît que certains aspects imposés dans le secteur doivent effectivement évoluer. « Il faut que l’ensemble de la filière, et notamment la grande distribution, revoie les cahiers des charges. Cela exerce une forte pression sur les agriculteurs. Toute la filière doit travailler ensemble », avance-t-elle.
Parmi les différents points présentés dans ce rapport, la Ministre souligne également que certaines pistes de solutions sont plus complexes à mettre en œuvre. « Il existe des alternatives assez techniques, ce qui nécessite une certaine formation. D’autres sont coûteuses ».
La santé des consommateurs et le soutien aux agriculteurs : deux moteurs de ce rapport. Ses co-auteurs espèrent désormais une réaction du monde politique pour éviter l’inaction et ouvrir la voie à des alternatives concrètes.
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