Passer d'une agriculture conventionnelle à une agriculture plus respectueuse des sols, cela ne s'improvise pas. Regenacterre soutient ceux qui craignent de franchir le pas, par peur des conséquences économiques sur leur exploitation.
Durant deux jours, Julien Herault est venu, à Gembloux, répondre aux questions des agriculteurs soucieux de réaliser des économies au sein de leur exploitation en transition. Cet expert français leur a fourni les outils nécessaires pour calculer au plus juste la rentabilité d'un projet. Car changer de modèle inspire légitimement des craintes. " Le frein, c'est le changement de pratique, explique-t-il. C'est-à-dire qu'on avait depuis des décennies des habitudes de travail du sol sécurisantes à court terme. Le fait de revoir le travail du sol par du travail du sol organique, ça change la manière de travailler, c'est déstabilisant. "
Demander à un agriculteur de changer de modèle, c'est l'inciter à prendre un risque. Ce risque doit donc être calculé au mieux. Et il se cache parfois dans les détails : l'usure ou l'amortissement du matériel, par exemple. Les méthodes de calcul divergent et les études sont dispersées. Pourtant, des témoignages viennent appuyer la faisabilité de l'agroécologie. Depuis huit ans, Luc Joris pratique la transition. Oubliée la mécanisation, l'agriculteur de Gentinnes mise sur l'importance et la nature du couvert pour assurer ses rotations. Il adresse un message à ses confrères inquiets à l'idée de franchir le pas : " Je comprends qu'il y ait de l'inquiétude à changer de modèle. Se retrouver devant une inconnue, avec peut-être la crainte de perdre du revenu, je comprends. Mais cette crainte n'est pas fondée. J'ai eu les mêmes questionnements ; le modèle tient plus que la route. "
Via des modules économiques, l'académie Regenacterre soutient donc les agriculteurs dans leur volonté de changer de modèle, en s'appuyant sur l'expérience concrète de ceux qui ont franchi le pas avec brio.
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