Dans le cimetière de Tourinnes-Saint-Lambert, la commune de Walhain vient d'y planter des potirons. Une esquisse de potager pour redonner une place au vivant dans un lieu de recueillement.
Des courges tout juste plantées et des premières feuilles à peine sorties de terre. Rien de plus normal, me direz-vous, en cette fin de printemps. Particularité cependant à Walhain. Plusieurs plants viennent d'être plantés sur une parcelle située au fond du cimetière de Tourinnes-Saint-Lambert. Une initiative portée par l'administration communale de Walhain pour redonner sa place au vivant dans ce lieu de recueillement.
"Notre projet est de placer un hôtel à insectes et de planter des fleurs à couper dans le cimetière. Mais on s'est dit que, dans une première phase, on pouvait aussi proposer une plantation de potirons", explique Anne-Michèle Jadouille, responsable des cimetières sur la commune de Walhain. "Les plants sont encore petits, mais l'idée, c'est de respecter la mémoire des défunts tout en essayant de laisser vivre le cimetière de façon un peu surprenante."
"Pour le moment, ça pousse plutôt bien"
Niveau logistique, le projet potiron peut compter sur les mains précieuses de Nicolas Bariaux, herboriste dans la commune. Épaulé par les ouvriers communaux, il a pu repiquer plus d'une dizaine de plants de courges. "Je suis venu dans un premier temps cartonner des endroits sur la parcelle pour que la repousse des courges ne soit pas trop importante. J'ai également ajouté des mottes de terre", souligne Nicolas. "Je dois dire que, pour le moment, ça pousse plutôt bien. On a eu de la chance avec les limaces. Et là, on a de la chance avec la pluie et le soleil."
Outre la météo, les courges ont ici toutes les ressources à disposition pour bien grandir. La biodiversité et la flore environnantes devraient sans aucun doute pouvoir jouer leur rôle. "La courge est une plante plutôt rampante, qui va filer en dessous des bâches placées par les ouvriers communaux. Grâce aux fleurs présentes en nombre dans le cimetière, beaucoup d'insectes vont être attirés vers la parcelle, ce qui va faciliter la fructification et laisser le processus se produire très naturellement", complète Nicolas.
Une terre fertile, sans produit "phyto"
Autre point fort de cette parcelle : une terre noble et fertile. Elle est, par son histoire, vierge de toute pollution liée à l'agriculture ou à l'activité du cimetière. "Dans les années 90, la commune a racheté un terrain à côté du terrain de foot pour réaliser une extension du cimetière. Il faut donc savoir que le terrain actuel sur lequel on a planté les courges est une ancienne terre de culture qui est saine depuis plus de trente ans. Sur toute cette période, aucun produit phyto n'y a été dispersé", tient à rassurer Anne-Michèle Jadouille.
Ce projet est donc une étape de plus pour ramener de la vie dans les cimetières walhinois. À Nil-Saint-Vincent, un pêcher et des vignes trônent déjà fièrement aux côtés des sépultures des défunts et défuntes. À Tourinnes, les courges pourraient servir de citrouilles au moment d'Halloween, notamment pour les élèves dont l'école primaire se trouve à quelques pas du cimetière.
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