En Belgique, près de 1.400 femmes sont diagnostiquées chaque année de cette maladie encore méconnue. C'est le cas de Patricia qui souhaite partager son histoire pour qu'elle serve d'exemple à d'autres femmes.
Patricia Vindts arbore fièrement ses pin's sur sa chemise rouge, couleur qui évoque la force, le courage, l'action et la détermination. Un pin's rose représentant son cancer du sein. Un double à seulement 49 ans. Un autre pin's turquoise pour sensibiliser au cancer de l'utérus. Le sien, la Gembloutoise l'a découvert en 2019, à la suite de maux de ventre inhabituels. Rassurée par son gynécologue, elle n'est toutefois pas rassurée : "J'ai l'intuition que quelque chose ne va pas. Quelques jours après, j'ai commencé à perdre du sang", se souvient-elle.
Sur conseil de son oncologue, Patricia change de gynécologue. Après diverses consultations, on lui diagnostique un cancer de l'utérus. Il faut opérer, mais le confinement dû au Covid-19 rend l'opération impossible. Une première fois. Puis, une deuxième fois à cause de soins intensifs saturés. Des mois précieux et douloureux se sont écoulés. Le cancer est au stade 4. S'ensuivent plusieurs séances de chimiothérapie, auxquelles Patricia réagit bien. Puis, un traitement expérimental. Pendant un an, elle souffre de nausées et prend énormément de poids.
Aujourd'hui, la maladie est derrière elle. Même si elle reste suivie par son oncologue, le Docteur Stéphanie Henry, à la Clinique Sainte-Elisabeth (CHU UCL Namur). En témoignant, Patricia souhaite donner de l'espoir aux autres patientes. Son message : écoutez votre corps et votre instinct. "D'un bête mal de ventre, regardez où j'en suis."
1.400 femmes touchées chaque année
Le mois de juin est celui de la sensibilisation au cancer de l'utérus. En Belgique, près de 1.400 femmes sont diagnostiquées chaque année d'un cancer de l'utérus Pourtant, celui-ci est encore peu connu du public. Le cancer de l'utérus prend naissance dans la muqueuse utérine (endomètre) et est souvent assimilé, à tort, au cancer du col de l'utérus. Pour Gynca's, l'association de patientes atteintes d'un cancer gynécologique, la confusion, combinée à une méconnaissance générale, engendre une invisibilité de la maladie. Cela retarde le diagnostic et compromet les chances de guérison. "C'est un cancer qui peut être détecté à un stade précoce. C'est le cinquième cancer qui touche les femmes et le deuxième cancer gynécologique", précise Sabine Janssens, administratrice et porte-parole francophone de Gynca's.
L'association Gynca's a été créée en 2020, en Flandre, pour soutenir les femmes atteintes d'un cancer gynécologique. Depuis un an, l'association déploie ses efforts auprès du public francophone. Son objectif est de mettre en lumière les cancers gynécologiques (sein, ovaire, utérus, col de l'utérus, lèvres, vagin, etc.) auprès du grand public et surtout, des femmes afin d'améliorer la prévention. Gynca's donne aussi la parole aux patientes et les met en relation pour partager leur expérience.
Chaque année en Belgique, environ 2.800 cancers gynécologiques sont diagnostiqués. Les principaux sont les cancers de l’ovaire, de l’utérus, du col de l’utérus, des lèvres et du vagin.
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