C'est une étape attendue du chantier du beffroi à Gembloux : la descente des cloches du carillon, indispendable pour permettre la reconstruction de la charpente. Nos équipes ont pu assister à cette opération délicate. Reportage.
C'est le grand déménagement dans le beffroi de Gembloux. Bien malgré elles, les cloches du carillon de la Cité des Couteliers quittent une à une leur logis originel. Un passage obligé, aux allures exceptionnelles, dans ce chantier de longue haleine.
« C'est une nouvelle étape, mais c'est quelque chose qui n'arrive pas très souvent. Généralement, une fois que les cloches sont montées, elles restent là durant des dizaines, voire des centaines d'années. La particularité ici, c'est qu'on a besoin de les déplacer pour pouvoir refaire tout le système intérieur du Beffroi », explique à notre micro Emmanuel Delsaute, l'échevin en charge du patrimoine à Gembloux.
Des campanistes pour descendre les cloches
Elles sont au total 54 cloches à être descendues du Beffroi. Pour les sangler et les manipuler avec précaution, la Ville de Gembloux peut compter sur le savoir-faire de campanistes expérimentés. Venus spécialement de France, ils travaillent pour une entreprise vieille de plus de 150 ans.
« On fait attention à toute la structure de la cloche, c'est-à-dire le mouton en bois sur lequel est accrochée la cloche, le cerveau, les anses, sa robe et sa pince », détaille Jean-Luc Châteaux, chef d'équipe des campanistes. « On vient prendre l'ensemble avec des élingues pour pouvoir le descendre. »
Une fois descendues, les cloches sont ensuite stockées à quelques pas du beffroi. Mais avant d'être embarquées, elles sont également pesées. Une mesure essentielle, informative à plusieurs égards.
« Cela permet bien sûr d'avoir le poids précis de chaque cloche, des données dont ne disposait pas jusqu'à présent la Ville de Gembloux », révèle Thomas Terwagne, gestionnaire de projet pour l'entreprise Monument Hainaut, chargée de coordonner les travaux du Beffroi. « Mais au-delà de son profil, le poids peut donner des informations sur la note que produira la cloche et donc aider à son accordage. »
Un goût pour l'histoire
Ingénieurs, architectes et campanistes : c'est toute une fourmilière qui s'active autour des cloches du beffroi de Gembloux. Un point commun relie ces corps de métier : la passion et le goût de l'histoire.
« Les cloches et les clochers incarnent l'âme des villages. C'était la première mesure du temps. On faisait sonner les cloches pour aller aux champs, pour aller se marier, mais aussi pour annoncer les mauvais moments », confie Jean-Luc Châteaux. « En travaillant ici, c'est beau de voir la manière dont les charpentiers et les maçons se sont adaptés pour donner vie à un tel édifice. »
Une fois la charpente du Beffroi rénovée, ce ne sont pas 54 mais 56 cloches qui y seront remontées. Deux nouveaux joyaux, fondus en Italie, viendront enrichir le carillon : l'un pèsera environ 700 kg, tandis que l'autre, un bourdon, dépassera les 4 tonnes.
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