Depuis lundi, des enseignants sillonnent les écoles de la Fédération Wallonie Bruxelles. Ils y récoltent des lettres à remettre à la Ministre Glatigny, dénonçant le décret-programme. Le convoi s'est arrêté hier à Gembloux, au Collège Saint-Guibert.
C'est une arrivée digne d'une étape du tour de France... Sur les routes depuis deux jours, sous la pluie et le soleil, plusieurs dizaines d'enseignants autoproclamés "facteurs à bicyclettes" sillonent la Wallonie. Leur mission : récolter des lettres dénonçant le nouveau-décret programme porté par la Ministre de l'Enseignement Valérie Glatigny. Après Verviers, Huy ou encore Namur, c'est Gembloux qui accueillait ce mardi après-midi le convoi postal, à l'entré du collège Saint Guibert.
"Malgré une météo plutôt capricieuse, on avanc plutôt bien. Surtout, on reprend une énergie de dingue à chaque fois que l'on arrive à un endroit, que ce soit à Jambes, à Namur ou Huy" témoigne Tanguy Wera, professeur à l'Athénée Léonie de Waha à Liège. "Gembloux, je ne connaissais pas personellement. En y rentrant, c'était plutôt calme, mais d'un coup, on est tombé sur tous ces élèves et professeurs, et c'est devenu une véritable explosion."
Des milliers de lettres adressées à la Ministre
Ce ne sont pas des dizaines, ni des centaines, mais des milliers de lettres que ces facteurs à bicyclettes reçoivent durant cette tournée. Du courrier en masse, signe que la colère ne s'estompe pas face au nouveau décret-programme.
"C'est toujours le même contenu dans ces lettres malheureusement, vu que notre message n'est pas entendu. On redemande la suppression pure et simple du décret-programme" confie Coralie Canvat, professeure de sciences humaines au Collège Saint-Guibert de Gembloux. "J'ai écris une lettre dans laquelle j'exprime mes inquiétudes pour la profession et l'incompréhension des choix qui sont posés" exprime de son côté Brieuc Libert, professeur d'Histoire au Collège.
Un acte de résistance rassembleur
Toutes ces lettres venues des quatres coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles doivent être remises en main propre, directement au cabinet de la ministre Glatigny. L'action est forte et porteuse. Elle rassemble, dans un même élan, tout un secteur inquiet pour son avenir.
"C'est une action de résistance pacifique, non-violente, qui solidarise les gens. Je viens par exemple d'échanger avec une professeure de Verviers, qui a organisé le tracé" témoigne à notre micro Bernard Fabry, professeur de mathématiques au Collège. "C'est tout le secteur de l'enseignement, en Wallonie et à Bruxelles, qui se soude dans un seul et même mouvement."
Le ressenti est le même pour le convoi de facteurs. Au fil des kilomètres parcouru, c'est un sentiment de communion qui les porte et leur permet d'avancer. "On est tous très heureux d'être là parce que c'est porteur de sens. Et quand on fait quelq chose qui a du sens, on se sent pleins d'énergie de le faire."
Le mouvement ne devrait pas s'estomper dans les prohaines semaines. Malgré l'adoption plus que probable de ce décret-programme, les enseignants semblent déterminer à rester mobilisés, pour élever la voix et faire bouger les lignes.
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