Le nouveau parcours d’art urbain Prizme a été inauguré. Pour cette édition, la poésie est mise à l’honneur. Lancé en 2018 par le service culture, ce projet vise à embellir le centre-ville tout en rendant l’art accessible à toutes et tous.
Le nouveau parcours urbain est porté par Timotéo Segoï. Ses mots habillent les murs de Gembloux… et au-delà de la poésie, il y a surtout cette envie de transmettre et de créer avec les autres. À travers une série d’ateliers, les habitants ont, eux aussi, pris la plume et se sont prêtés au jeu de l’écriture. Une chose est sûre pour lui : tout le monde peut être poète. Douze ateliers, douze publics, et autant de thèmes explorés.
« Les enfants nous parlent de maman et de papa, les migrants me parlent des mots essentiels : maison, accueil, bienvenue, amour, musique… Et du côté, par exemple, de l’atelier donné dans la galerie Exti11, les artistes ont des préoccupations plus liées à la beauté, à l’équilibre », explique le poète.
Exposer dans la rue demande pas mal de repérage, car les supports sont tous différents. Mais afficher ses mots à ciel ouvert, c’est une évidence pour lui : un terrain d’expression en parfaite adéquation avec son parcours.
« Mon premier métier, c’est comédien de rue. Je fais du théâtre de rue depuis 40 ans. Physiquement, c’est un art exigeant, alors j’ai commencé à écrire… et à mêler les deux. Ce qui était dans mes carnets et mes ateliers se retrouve aujourd’hui sur les murs », confie-t-il.
Une pratique qui suscite aussi la curiosité : les passants s’arrêtent, questionnent et échangent. Timotéo Segoï n’est pas le seul artiste à investir ce parcours urbain. LOrka, avec ses élèves de l’Atelier Sorcier, a choisi de réparer les fissures de la ville grâce à l’art. Une démarche qui s’inscrit pleinement dans l’esprit du projet. C’est d’ailleurs ce travail qui a inspiré son nom : Encre noire dore les murs. Une thématique forte, portée par le service culture de la Ville, en collaboration avec des partenaires culturels et associatifs locaux.
« Nous avons réfléchi à un projet autour de la résilience, de l’art qui soigne et qui répare », explique Adeline Tenret, chargée de projets culturels à la Ville de Gembloux.
Avec Prizme, l’objectif est clair : amener l’art dans la rue et le rendre accessible à toutes et tous, tout en invitant à redécouvrir la ville autrement. Mais il ne faudra pas trop tarder : certaines œuvres sont éphémères… alors autant en profiter sans attendre.