La sécheresse que nous traversons est particulièrement dommageable pour les éleveurs et les agriculteurs. Mais elle complique aussi le travail des maraîchers. Les cultures de tomates éprouvent notamment des difficultés à atteindre leur rendement habituel.
C'est un fait scientifique : les tomates ont besoin de chaleur pour se développer et mûrir. Mais, passé un certain seuil de température, avoisinant les 35 degrés, la tendance s'inverse. Les épisodes caniculaires que nous traversons en cette période estivale forcent les plants de tomates à se mettre en pause afin d'activer leur mode survie.
« Les tomates qui sont déjà là, les tomates vertes, vont se mettre en pause. Elles ne vont ni rougir ni grossir. On va même voir apparaître des taches jaunes, synonymes de coups de soleil sur les fruits », déplore Sébastien Maes, maraîcher du côté de Ferroz, à Gembloux. « Et puis, au niveau des fleurs qui donneront une tomate, plus haut sur le plant, le pollen va devenir stérile. La fleur va se dessécher et avorter. Une fleur qui avorte, c'est une tomate qui ne va pas naître derrière. »
« J'irrigue tous les deux jours pendant trois heures »
Autre conséquence des fortes chaleurs : les feuilles de tomates se roulent sur elles-mêmes afin de diminuer l'évaporation de l'eau. Pas le choix, donc, pour les maraîchers : il faut arroser davantage.
« J'irrigue plus cette année. Jusqu'à présent, j'arrivais, grâce à mon paillage, à n'irriguer qu'une ou deux fois par semaine, voire moins certaines années. Ici, j'irrigue quasiment tous les deux jours pendant trois heures », poursuit Sébastien. « Une heure d'irrigation représente trois mètres cubes d'eau. On arrive donc à neuf mètres cubes d'eau, et ça, c'est uniquement pour les tomates. »
S'adapter, se diversifier : une nécessité
À côté du fruit rouge estival, Sébastien cultive également des aubergines, des concombres et des poivrons. Des légumes qui, heureusement, résistent mieux à cette période de fortes chaleurs. La diversification est sans aucun doute essentielle pour faire face à la multiplication des événements météorologiques extrêmes.
« Sur l'année, c'est une quarantaine de légumes différents. Et parmi ces légumes, je choisis différentes variétés pour m'assurer que l'une ou l'autre soit toujours capable de résister au type de climat que mon exploitation rencontre. C'est obligatoire pour garder la tête hors de l'eau. »
Une fatigue mentale
S'adapter semble donc être le maître mot dans ce contexte de changement climatique. Mais à quel prix pour ces maraîchers, qui travaillent sans compter ? « Humainement et mentalement, il y a une fatigue. Chaque année, on se demande à quelle sauce on va être mangés… Depuis plusieurs semaines, le nombre d'heures de travail explose, les journées commencent plus tôt, mais les rendements ne sont pas au rendez-vous. Malgré tout, on croit en notre projet, donc on continue. »
Chez beaucoup de maraîchers comme Sébastien, un système d'autocueillette sur abonnement permet aux habitants de venir récolter eux-mêmes les légumes cultivés sur la parcelle. De nouveaux abonnés sont donc, bien évidemment, toujours les bienvenus. Rendez-vous sur le site "Jardins de Symbiooz pour prendre contact et rentrer dans le projet.
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