Pour protéger certains milieux naturels, il ne suffit pas toujours de les laisser évoluer. A Mazy, une pelouse calcaire fait l'objet d'une gestion régulière pour préserver une biodiversité rare.
Papillons, fleurs sauvages et plantes rare, à première vue, cet endroit ressemble à n’importe quel coin de nature. Pourtant, ils étaient près d’une vingtaine à venir découvrir ce milieu naturel particulier : la pelouse calcaire de Mazy. « C’est vraiment un milieu particulier parce qu’il s’agit d’un versant sur sol calcaire qui infiltre très rapidement l’eau. C’est un sol aride, exposé plein sud. Tous les facteurs sont réunis pour que le milieu soit très sec. Les plantes les plus communes ont donc du mal à s’y développer et on ne trouve ici que des espèces plus rustiques et exceptionnelles », explique Julien, conseiller en environnement à la Ville de Gembloux.
Historiquement, ces milieux étaient dédiés au pâturage. Le passage des animaux permettait de maintenir les espaces ouverts en limitant le développement des arbustes et des buissons. Aujourd’hui encore, cette pratique contribue au maintien des pelouses calcaires. « Les chèvres, dans un premier temps, c’est très bien, car elles s’attaquent directement aux repousses ligneuses. Les moutons interviennent ensuite, car ce sont davantage les plantes herbacées qui les intéressent », explique Éric Jottrand, gestionnaire du site.
Mais le maintien de cet équilibre repose également sur l’intervention de l'homme. « Si on pouvait se contenter du pâturage, ce serait top. Mais nous sommes encore obligés de venir faucher tout ce qui dépasse une fois que les moutons sont passés. Il faut ensuite évacuer ce que l’on a coupé, car il est nécessaire d’appauvrir le sol pour éviter qu’il ne s’enrichisse. Sinon, on verra réapparaître des orties et d’autres plantes plus communes », précise Éric Jottrand.
La préservation du site repose également sur une dynamique collective, avec l’implication de nombreux bénévoles. « L’intérêt aujourd’hui, c’est aussi de mettre à l’honneur la participation citoyenne. Ce projet et cette activité s’inscrivent dans le cadre du Plan communal de développement de la nature. Il rassemble autour de la Ville des bénévoles, des personnes passionnées par la nature. Pas besoin d’être un expert : il suffit d’avoir envie d’aider la nature et d’y consacrer quelques heures », souligne Julien.
Sur ces près de deux hectares, les efforts de préservation se poursuivent depuis plus de quarante ans. Un engagement qui devra se poursuivre dans les années à venir afin de permettre à cette biodiversité rare de perdurer.
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