Les feux de forêt font rage depuis 6 jours dans les Hautes Fagnes. Face à cet incendie inédit, des sapeurs-pompiers affluent de nombreux endroits en Wallonie pour venir aider leurs collègues. C'est le cas d'hommes et femmes du feux de Gembloux.
En action contre le feu, sous leurs combinaisons de protection, impossible de les différencier. Mais dans le combat contre les incendies qui ravagent actuellement les Hautes Fagnes, plusieurs sapeurs-pompiers viennent de loin. Certains sont notamment basés à la caserne de Gembloux de la zone NAGE. Ils se sont portés volontaires.
« On est partis très tôt de la caserne. Notre présence et notre renfort sur place ont permis à ceux qui avaient travaillé toute la nuit de rentrer chez eux pour se reposer », témoigne Camie Lombart, sapeur-pompier de la zone NAGE. « Notre mission était d'éviter que le feu traverse la route. On a travaillé sur une zone de 500 m et on a arrosé en profondeur les lieux pour s'assurer que les foyers soient bien éteints. »
Des feux souterrains, dans les tourbières
Ces incendies dans les Hautes Fagnes sont bien différents des interventions habituelles. Le feu brûle ici principalement sous terre, au cœur des tourbières. Des étendues marécageuses normalement humides, mais aujourd'hui sèches et inflammables à cause de la sécheresse.
« Il n'y avait plus vraiment de flammes vives et actives dans la zone où on était. Le feu est maintenant vraiment ancré en profondeur, dans les tourbes. Elles sont combustibles et propagent l'incendie », explique Julien Motte, adjudant-chef de poste sur la zone NAGE à Gembloux.
En première ligne, les sapeurs-pompiers sont les mieux placés pour constater les ravages irréversibles du feu. Les paysages fagnards touchés ne sont aujourd'hui que tristesse et désolation. Loin de leurs beautés et couleurs vives telles que nous les connaissons.
« C'est marquant de voir un paysage devenu aujourd'hui apocalyptique. Le mot est assez fort, mais on se rend compte qu'on est face à un désert, alors que ce n'était pas du tout le cas auparavant », décrit Camie Lombart.
Une population reconnaissante
Dans cette mission à la fois physique et mentale, les sapeurs-pompiers peuvent compter sur leurs collègues. Mais aussi sur un soutien précieux de la population locale, reconnaissante de leur présence au cœur de l'incendie.
« Pendant les moments de pause et de rassemblement, on peut communiquer avec nos collègues. Il y a une solidarité qui se crée. Et puis la population nous aide aussi. On nous a spontanément apporté de la nourriture. Le catering était exceptionnel, je n'avais encore jamais connu ça », confie Julien Motte.
À Gembloux, plusieurs sapeurs-pompiers devraient continuer à se rendre dans les Hautes Fagnes tant que le feu sévit. Une mission périlleuse et volontaire, qui s'ajoute à leurs gardes quotidiennes sur la zone NAGE.
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