La Wallonie va-t-elle devenir un territoire fertile pour produire des pâtes ? Les dernières conclusions présentées ce jeudi par le CRA-W vont dans ce sens. Plusieurs variétés de blé dur affichent de bons rendements et une bonne résistance aux maladies.
Les premières observations de 2025 étaient encourageantes, les conclusions de 2026 sont, elles, sans appel : pour le CRA-W, le Centre wallon de recherches agronomiques est aujourd'hui prêt, dans un contexte de changement climatique, à se lancer dans la culture du blé dur. Une céréale permettant d'obtenir de la semoule, nécessaire à la fabrication de pâtes et de couscous.
« L'année passée, on avait organisé un événement pour montrer aux agriculteurs et aux producteurs de pâtes qu'il y avait moyen de produire du blé dur en Wallonie. Aujourd'hui, après trois ans d'expérimentation, on en a la certitude. Le rendement et la qualité sont là », dévoile Rodrigo Meza Morales, attaché scientifique au CRA-W.
30 variétés testées, les blés durs français et allemands convaincants
Réalisés entre 2023 et 2025, les essais du CRA-W ont permis de tester une trentaine de variétés de blé dur. En tenant compte du rendement, ce sont les céréales importées de chez nos voisins qui marquent des points.
« Au niveau de l'agriculture conventionnelle, sur les trois variétés qu'on a recommandées, on en retrouve deux françaises et une allemande. Pour l'agriculture biologique, on en a identifié deux, là aussi françaises et allemandes », détaille Benjamin Van der Verren, également attaché scientifique.
Une vigilance face à la rouille jaune
Ces variétés de blé dur, bien adaptées à notre territoire, se distinguent également par leur bonne résistance aux maladies. Une vigilance reste toutefois de mise face à la rouille jaune, qui peut se révéler particulièrement agressive.
« Les symptômes de la rouille jaune, c'est l'apparition de pustules sur la feuille. Elles vont générer des lésions sur la feuille, qui vont endommager l'appareil photosynthétique de la plante », poursuit Benjamin Van der Verren. « Moins de photosynthèse, ça veut dire moins de sucre et des rendements de blé dur altérés. »
Une faible incidence sur l'environnement
Malgré ce risque de maladies, les avantages restent tout de même nombreux. À souligner notamment, la faible incidence du blé dur sur l’environnement.
« Au niveau de la phase agricole, le blé dur a des impacts comparables aux autres céréales qu'on cultive chez nous. Le blé dur bio est même meilleur que l'orge brassicole ou le blé panifiable », explique Florence Van Stappen, de l'unité Durabilité du CRA-W. « Et au niveau de la transformation, si on descend jusqu'à l'assiette, on remarque qu'une assiette de pâtes fabriquées à partir de blé dur a moins d'impact qu'une assiette de frites. »
Rendements, résistance aux maladies et faible impact environnemental : tous les voyants semblent donc au vert pour permettre à la culture du blé dur de se développer en Wallonie. Côté calendrier, le CRA-W recommande des semis entre la mi-octobre et la mi-novembre. Quant à la récolte, la fenêtre optimale se situe quelques jours avant le 21 juillet.
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