L’ancienne briqueterie de Grand-Manil ouvre ses portes au public après plusieurs années laissées à la nature. La commune de Gembloux a aménagé le site tout en veillant à préserver les zones importantes pour la biodiversité.
Pendant des années, l’ancienne briqueterie de Grand-Manil a évolué en silence. L’exploitation industrielle a laissé place à une zone humide, à un plan d’eau et à une végétation qui a peu à peu repris ses droits.
La commune de Gembloux a décidé de racheter le site pour préserver cet espace. L’objectif était d’éviter qu’un autre projet ne transforme complètement les lieux.
« On voulait un site à proximité de Gembloux pour que les personnes puissent venir à pied, mais aussi sauvegarder ce patrimoine naturel », explique Gauthier de Sauvage, échevin de la commune.
Des sentiers ont donc été aménagés pour permettre aux visiteurs de découvrir l’endroit. Mais les choix réalisés ont été guidés par une idée : intervenir le moins possible.
« On a restreint le sentier pour préserver un maximum le caractère naturel du site », précise Gauthier de Sauvage.
Le plan d’eau est aujourd’hui l’un des éléments centraux du lieu. Il attire notamment les amateurs d’oiseaux et offre un refuge à plusieurs espèces. Un observatoire y a été installé pour permettre aux promeneurs de voir la nature en toute discrétion.
Mais l’ouverture au public demande aussi des précautions. Certaines zones restent interdites pour laisser des espaces de tranquillité aux animaux.
Un équilibre entre nature et visiteurs
Pour Natagora, qui suit le site depuis près de vingt ans, l’enjeu est de maintenir cet équilibre.
Avant le rachat par la commune, l’association assurait déjà un suivi scientifique et une surveillance du lieu. Aujourd’hui, elle continue à accompagner les aménagements.
« Il est difficile de créer une réserve naturelle en périphérie urbaine sans accueillir le public de manière structurée », explique Olivier Guillitte, co-président de Natagora ouest.
Selon lui, laisser l’accès totalement libre pourrait aussi mettre certaines espèces en danger. Le site abrite notamment des zones importantes pour les amphibiens, comme la grenouille rousse et le crapaud calamite. D’autres aménagements pourraient encore voir le jour pour renforcer la biodiversité. Gauthier de Sauvage évoque notamment la création de mares. Le site doit aussi faire face à la présence de la renouée du Japon, une plante invasive. Des bâches ont été installées pour limiter sa progression et permettre le retour d’une végétation locale.
Les visiteurs sont également invités à respecter plusieurs règles. La baignade et la pêche sont interdites dans le plan d’eau, qui correspond à une ancienne carrière et présente des risques pour la sécurité. L’ancienne briqueterie de Grand-Manil devient donc un lieu de promenade, mais aussi un espace où la nature garde une place importante.
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