Les chaleurs et la sécheresse ont influencé la saison dans les vergers. La récolte des pommes sera moins bonne, mais rassurez-vous : les fruits seront sucrés et croquants.
Avant la fin du mois d'août, une bonne dizaine de saisonniers s'activeront à récolter les fruits mûrs au Domaine de la Pommeraie. Ce verger de 12 hectares, en bordure de Nationale 4 à Gembloux, produit 200 tonnes de fruits lors d'une bonne année : 18 variétés de pommes et cinq de poires. Ce chiffre sera certainement revu à la baisse cette année.
Les conditions météo en sont la cause, à travers deux phénomènes. "Il y a eu des épisodes de grêle au mois de mai. Les impacts sur le fruit l'abîment", commence Guillaume Berbers, exploitant du verger. Les fruits ont également souffert de la chaleur et de la sécheresse de cet été. "On est passé régulièrement de pas trop chaud à très très chaud en quelques jours. La peau des fruits n'a pas le temps de s'habituer à la chaleur. Donc, cela crée des coups de soleil. Quant à la sécheresse, les arbres ont besoin d'eau pour permettre aux fruits de grossir. Ici, dans les dernières semaines, c'est là que c'est important."
La récolte sera donc moins bonne que l'année précédente. Les producteurs attendent les indications de la criée pour déterminer le prix de leurs fruits. "Le consommateur devra accepter d'avoir des fruits un peu moins gros. Gustativement, ils seront bons, sucrés, croquants. On aura malheureusement des fruits avec des impacts de grêle."
S'adapter
Face au manque de pluie, le fruiticulteur a bien tenté d'arroser du mieux qu'il peut mais impossible de remplacer la pluie. "On donne de l'eau mais cela prend du temps et de l'énergie. On a la chance, sur Gembloux, d'être sur un sol lourd qui garde bien l'eau. Donc le feuillage est encore vert", nous apprend le producteur.
Pour éviter la grêle, certains investissent dans des filets. Mais l'investissement est coûteux et doit se faire à l'implantation du verger. Les filets permettent aussi de filtrer les rayons de soleil.
Se diversifier
Face au changement climatique, les producteurs belges se tournent de plus en plus vers d'autres fruits, habituellement cultivés dans le sud de l'Europe. Cette année, la Pommeraie a vendu quelques kilos d'abricots! "Des fruits comme les abricots, les pêches, les prunes fleurissent très tôt donc sont fragiles aux premières gelées, début mars. Cela fait deux ans que ces gelées n'ont pas eu lieu. Donc, pourquoi pas développer ce genre de cultures."
Plusieurs vignes ont été plantées, en bordure de verger. Pinot noir, Chardonnay et raisins de table murissent au soleil.
L'arrivée, ou non, de la pluie dans les prochaines semaines déterminera déjà la saison suivante. C'est en ce moment que les arbres ont besoin d'eau pour produire les boutons qui donneront les fruits de l'année prochaine.
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