Valoriser le bois wallon en relocalisant sa transformation en bois d’œuvre : c’est le pari de Copains des Bois, une coopérative de Gembloutois installée à Chastre. La structure entend promouvoir une exploitation du bois raisonnée et raisonnable.
Un observatoire niché au cœur de la forêt d’Anlier, dans la province de Luxembourg, et une cabane contemporaine sur pilotis installée dans un camping au bord du lac de la Gileppe, dans les Ardennes : à première vue, ces deux constructions n’ont rien en commun. Pourtant, elles partagent une même signature : celle de Gembloutois passionnés de bois, réunis au sein de la coopérative Copains des Bois.
Implanté à Chastre, au cœur d’une exploitation agricole, ce collectif entend donner une nouvelle vie au bois wallon en relocalisant sa transformation et son travail en Wallonie.
"Pendant le Covid, on a observé que beaucoup de bois wallon abattu partait à l’export à l’international, majoritairement en Chine. Ce constat a pris la forme d’un électrochoc et nous a poussés à lancer une activité artisanale. On a commencé à aller chercher le bois dans la forêt, l’abattre et le transformer jusqu’à sa mise en œuvre", raconte Yannis Govaert, co-administrateur de Copains des Bois. "Depuis, la question de rentabilité s’est posée. On s’est donc davantage spécialisés dans le volet de la construction et de la mise en œuvre du bois."
Une approche raisonnée et raisonnable du bois
La mise en œuvre du bois dont Yannis parle est l’étape nécessaire pour obtenir un matériau de construction prêt à l’emploi. Un savoir-faire précieux en Belgique, relativement écologique. Et que Copains des Bois entend développer de façon raisonnée et raisonnable.
"L’idée, c’est de promouvoir une activité qui permet de limiter l’utilisation du béton et de l’acier, des matériaux dont la production est beaucoup plus dommageable pour l’environnement", poursuit Yannis Govaert. "Et pour le bois, on se bat pour une gestion durable de nos forêts. D’un côté, utiliser le bois pour nos besoins de construction. Mais de l’autre, veiller à garder un volume de forêt stable dans le temps."
Un modèle coopératif : un travailleur, une voix
Particularité de Copains des Bois : sa structure est complètement coopérative. Un modèle permettant à chaque travailleur d’exprimer sa voix et d’influencer la trajectoire de l’entreprise.
"On casse le modèle d’une SRL classique où un patron détient les parts et tout le pouvoir de décision de l’entreprise. Ici, les travailleurs ont un mot à dire sur la vision à long terme de la société, que ce soit sur un potentiel déménagement, l’investissement dans de nouvelles machines, ou encore l’augmentation du nombre de salariés", explique Hugo Vanvarembergh. "C’est une politique qui change vraiment la manière dont on aborde le travail."
Autre force de la coopérative, son ancrage local. Composée initialement de deux tiers de Gembloutois, elle s’épanouit aujourd’hui dans une ferme du côté de Chastre.
"On veut rester là où on a commencé, là où on a notre réseau et nos clients. Et on s’entend très bien avec l’agriculteur Régis Colin. On n’hésite pas à s’entraider et se donner des coups de main."
Copains des Bois espère pérenniser son modèle coopératif dans les années à venir. L’ambition est de continuer à valoriser le bois wallon, tout en proposant une manière différente de concevoir et organiser le travail.
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