Un budget 2019 passé au peigne fin par la minorité perwézienne

Jeudi soir, c’était une première séance ordinaire pour le nouveau conseil communal perwézien. Elle aura duré 5 heures. Le temps pour l’opposition DRC+ d’éplucher le budget 2019 de la majorité Ensemble!, de mettre la pression sur le nouveau collège communal et de proposer toute une série d’amendements pour la plupart rejetés.

Une manière de faire qui étonne l’opposition

Mais revenons un instant sur les jours qui ont précédé cette séance. Après l’inscription du budget 2019 à l’ordre du jour, le collège communal a voulu se réserver la possibilité de le retirer en dernière minute et de le remplacer par un 12e provisoire. En cause, des questions et craintes d’ordre financier, de quoi envisager un audit externe en 2019 (montant 25.000 euros) pour être rassuré. Mais entretemps nous confie le bourgmestre Jordan Godfriaux, le collège a vu que des 12e provisoires ne permettraient pas de financer cet audit. A la veille du conseil communal, il a donc décidé de présenter le budget 2019 et de renoncer à un 12e provisoire. Hier soir, au sein de l’opposition, le chef de groupe André Antoine parlait de situation surréaliste.

Débat sur la taxe communale sur les mâts d’éoliennes

Avant la présentation et l’examen du budget, la majorité a proposé de revoir à la baisse le montant de la taxe frappant les éoliennes installées sur le territoire communal (- 20.000 euros) en se référant à une circulaire de la ministre des pouvoirs locaux Valérie De Bue. Pour André Antoine, c’était une erreur à ne pas commettre d’autant que la commune n’est pas concernée par la circulaire en question. De plus dit-il, cela risque d’affaiblir la commune dans une affaire qui est toujours pendante devant les tribunaux, celle qui l’oppose à Aspiravi. La société conteste la taxation qui lui est imposée à Perwez. Et si Aspiravi gagne ajoute André Antoine, la commune perdra minimum 195.000 euros de recettes. Et sans doute plus puisque les éoliennes en place vont être remplacées par des machines plus puissantes (André Antoine évoque plutôt 270 – 280.000 euros). Avec aussi la menace de voir fleurir des projets d’éoliennes supplémentaires en raison de la suppression de la taxe. De son côté, Jordan Godfriaux précise que le collège a tranché après des contacts entre les administrations communale et wallonne. Et d’ajouter qu’une indexation des montants de 8,29% est proposée. Le point a été adopté par les 11 élus du groupe Ensemble!, DRC+ se partageant entre 8 non et 2 abstentions.

Augmentation de la taxe communale sur l’enlèvement des déchets ménagers

Autre pierre d’achoppement, l’augmentation de la taxe déchets qui doit correspondre au coût-vérité avec une marge de manoeuvre qui se situe entre 95 et 110% de taux de couverture. Ici la majorité a choisi de monter à 105%. L’opposition évoque une augmentation des montants de 14% et a proposé un amendement basé sur un taux de couverture de 96%. Le bourgmestre souligne que le taux de couverture choisi par le collège est similaire voire plus bas que ce que des communes voisines pratiquent. Voici les montants adoptés : 40 euros pour un isolé, 90 euros pour un ménage de 2-3 personnes, 105 euros pour un ménage de 4-5 personnes, 125 euros pour un ménage de 6 personnes et +, 80 euros pour une seconde résidence et 125 euros pour les commerces, indépendants et entreprises. André Antoine parle de rage taxatoire et de mesures antisociales puisque la taxe est la même quels que soient les revenus des personnes. Pour Jean-Marc Aldric, cela ne fait pas très Ecolo (référence à une des composantes de la majorité), il vaut mieux travailler sur le prix des sacs pour inciter les personnes à trier leurs déchets. Pour le bourgmestre, l’augmentation du prix des sacs reste une option. Les tarifs proposés par la majorité Ensemble! ont été adoptés par 11 voix contre 10.

La zone de secours de plus en plus chère

La dotation de la zone de secours du Brabant wallon était aussi à l’ordre du jour. Elle atteint 424.000 euros (+34.000). Et l’ancienne majorité annonce qu’il y aura une autre augmentation plus importante encore. André Antoine rappelle que l’Etat fédéral ne finance pas les zones de secours comme prévu (22% au lieu des 50% prévus par la loi) et que l’intervention de la Province va disparaître (-92.000 euros). D’où l’abstention du groupe DRC+ au moment du vote pour protester contre le mauvais coup porté aux communes. Le groupe Ensemble! a adopté le montant de la dotation de la zone de secours mais le bourgmestre partage les craintes de l’opposition sur l’augmentation de cette dotation.

Des subventions communales revues et corrigées ?

Avant de présenter le budget, le bourgmestre a annoncé la mise en place d’une grille la plus objective possible en matière de subsides aux associations. Une commission planchera dessus en 2019. Mais les subsides ne seront octroyées que s’il y a une demande formulée par écrit. En attendant, 150 euros seront disponibles pour chaque nouvelle demande (x2 pour le carnaval de Perwez à l’occasion de ses 20 ans) et 5.000 euros iront aux Moissons de l’Amitié (+ 5.000 en soutien indirect). André Antoine souhaite bonne chance à la majorité pour définir les critères objectifs d’attribution des subventions tant ils peuvent être nombreux et variés. Les montants fixés pour 2019 ont été adoptés à l’unanimité.

Un budget 2019 très discuté

Le budget proprement dit était présenté par l’échevin des finances Etienne Rigo. André Antoine a jugé sa présentation totalement insatisfaisante sur la forme (lecture d’un document papier). Le collège précise qu’il a dû le confectionner en dix jours. Parmi les chantiers prévus : le club des jeunes de Thorembais-les-Béguines, l’ancienne gare de Perwez, l’annexe de la cure à Thorembais-Saint-Trond, la rue de la Gobie (après 2019 ?) et l’installation de deux stations pour vélos à assistance électrique (liaison gare-parc d’activité économique). Et à propos de l’audit externe prévu en 2019, le bourgmestre sortant rappelle que tous les budgets de l’ancienne majorité ont été approuvés par la tutelle. Sur le fond, André Antoine s’étonne de voir une augmentation de 22,5% (4 M. d’euros) des emprunts alors qu’il y a un fonds de réserve disponible pour éviter cela.

Quid du projet de rénovation du presbytère de Perwez ?

L’ancienne majorité se demande par ailleurs ce que devient le projet de transformation du presbytère de Perwez (6 logements et 2 salles dans les caves notamment). La commune a reçu une promesse de subsides (750.000 euros) et selon André Antoine, le cahier des charges doit être envoyé à la Région wallonne avant le 31 décembre, sinon ces subsides seront perdus. Le bourgmestre Jordan Godfriaux précise qu’une demande de prolongation du délai d’attribution des subsides a été obtenue auprès de la ministre De Bue, le temps de réfléchir à une éventuelle modification du projet. Le tout au logement ne convient pas à la majorité. Et le groupe DRC+ se demande pourquoi, alors que les besoins en la matière sont criants. Il redoute également la perte des subsides promis…

Polémique autour du réseau d’eau communal

La sortie médiatique du collège communal à propos de l’état du réseau d’eau de Perwez-centre n’a pas plu à l’opposition. Voir à ce sujet notre reportage : http://www.canalzoom.be/le-nouveau-college-communal-de-perwez-fait-le-point-sur-le-reseau-deau-communal-de-pezrwez/. Pour l’échevin sortant Jean-Marc Aldric, le collège communal précédent n’est pas responsable des problèmes d’approvisionnement en eau. Et d’évoquer une baisse du niveau de la nappe due à la sécheresse ainsi que la présence de 11 captages privés aux alentours. Le bourgmestre f.f. sortant Carl Cambron signale aussi que la SWDE veut bien envoyer de l’eau vers le centre de Perwez à condition qu’on lui en achète pendant 30 ans. Il ajoute qu’il faut réparer la fuite identifiée près de la station de pompage et garder le réseau communal. Pour l’échevin de l’eau Etienne Rigo, il y a un débat technique à avoir sur le sujet, sur base d’un audit que le collège va demander.

Le budget 2019 approuvé majorité contre opposition

Le groupe DRC+ a déposé plusieurs amendements dans le cadre du budget 2019 mais tous sauf un ont été rejetés. André Antoine parle d’un budget « culottes courtes ». Dans un communiqué paru ce vendredi, la majorité Ensemble! évoque un budget prudent, participatif et sans bling-bling. Elle précise que seuls seront inscrits au budget communal des projets pour lesquels elle aura une idée précise de ce qui pourra être réalisé, et dans un délai d’exécution raisonnable. Un incubateur d’idées stimulera la participation des citoyens à l’amélioration de la vie dans la commune. Et les frais de réception seront réduits.

Emmanuel Schu

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