Presse : 60 équivalents temps plein menacés par une restructuration aux Éditions de l’Avenir

L’annonce d’une lourde restructuration est tombée ce mardi comme un coup de semonce pour les membres du personnel des Éditions de l’Avenir. 60 équivalents temps plein sont menacés sur les 250 travailleurs que comptent la société. Il s’agit d’un quart du personnel. Autant dire que pour le groupe et la presse de manière générale, cette intention est vue comme un nouveau coup dur porté à la profession.

Comment a été annoncée la restructuration? 

Un conseil d’entreprise extraordinaire a eu lieu ce matin à 11h30 aux Éditions de l’Avenir. Ce «plan de transformation» devrait appliquer dans le cadre de la loi Renault. «La première phase d’information et de consultation démarrera cette semaine avec les représentants du personnel. Ce n’est qu’à l’issue de cette procédure légale qu’une décision définitive sera prise quant au nombre d’emplois affectés par ce licenciement collectif.»

Les employés ont été informés par Jos Donvil, CEO des Éditions de L’Avenir et directeur du pôle télécoms de Nethys, et Yves Berlize, directeur général des Éditions de l’Avenir. «Nous allons traverser une période humainement difficile. Les équipes sont soudées, très attachées à leur média: en moyenne nos collaborateurs comptent 17 années passées dans la maison. Cette transformation est indispensable pour garantir un futur à notre journal. Nous la mènerons dans le respect de chaque collaborateur», affirme Jos Donvil.

Voici le communiqué des représentants du personnel des Editions de l’Avenir:

« À la suite des annonces faites ce mardi 23 octobre, par le management des EDA, les représentants de toutes les catégories de personnel, qui oeuvrent toutes, à leur niveau, à la fabrication d’un média essentiel en Wallonie, ne peuvent que faire un constat de gâchis. Les délégations du personnel (AJP, SDR, CNE, Setca), s’unissent dans ce constat amer. Que nous pouvons résumer en quelques points.

1. Consternation. La tempête qui a secoué notre actionnaire fait de premières victimes. Mais pas celles que l’on croyait. C’est au sein même d’un journal quotidien, et du deuxième groupe de presse francophone, que des têtes roulent. C’est en vain que les représentants du personnel, ont interpellé durant des mois les administrateurs de Publifin et de Nethys, sur leurs responsabilités en tant que patrons de presse. C’est également en vain, que le monde politique a lui aussi été interpellé, sur le sort d’un média pris, malgré lui, dans la même tempête, et dont les journalistes ont montré toute leur indépendance et leur rigueur, durant ces temps troublés. La même rigueur, pendant ce temps, n’était visiblement pas de mise, dans la gestion de l’entreprise. En témoignent, les nombreuses tergiversations dans le choix d’une imprimerie et d’un format, et la prise de décision incroyablement tardive, dans ce dossier capital.

2. Imprimerie. Le choix est exactement contraire à celui que le président du conseil d’administration des Éditions de l’Avenir avait dit, à la fin janvier, acquis au profit d’un autre groupe d’impression, plébiscité à la fois par l’équipe de direction et par le personnel du groupe. Cet avis unanime est ignoré: les représentants(e)s du personnel le déplorent. Ils s’interrogent par ailleurs sur les potentiels développements que le choix peut cacher. Dans ce contexte, les représentants(e)s du personnel des Éditions de l’Avenir seront plus attentifs(ve)s que jamais au respect de la ligne éditoriale du groupe, et à la sauvegarde de ce pluralisme de la presse, garant de la démocratie.

3. Plan social. Au sein d’un média qui a fait preuve de la plus grande indépendance vis-à-vis de son actionnaire, les délégations du personnel seront particulièrement attentives à la manière de le mener, et de cibler les personnes. Il en va de la sérénité de négociations qui seront longues. Pendant ce temps, les équipes de L’Avenir comptent bien continuer à assumer leur mission avec la même rigueur et la même passion. Elles savent qu’elles peuvent compter sur des lecteurs fidèles, eux aussi attachés à leur “gazette”.

4. Respect svp. Soyons clairs. Le manque de confiance évident par rapport à des équipes qui continuent à faire leurs preuves en produisant de l’information régionale de qualité, suscite un malaise profond au sein du personnel, et ce depuis des mois. Une marque d’irrespect total par rapport au produit, serait d’annuler les cérémonies du centenaire de l’édition namuroise de L’Avenir. Nous les devons aussi, aux générations de journalistes qui se sont succédé, et à des générations de lecteurs fidèles.

5. Transparence. Cette fois, il est grand temps d’exposer clairement la stratégie envisagée, à long terme. On parle certes d’une société anonyme, mais rappelons que les fonds gérés par Nethys, proviennent du public. De plus, s’agissant d’un média, l’enjeu est hautement démocratique. Et il ne concerne pas que nos titres. Il n’en reste que quelques quotidiens en communauté Wallonie-Bruxelles ».

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