Perwez : une interpellation citoyenne qui mène à un clash majorité-opposition

Mardi soir à l’Hôtel de ville de Perwez, en pleine séance publique du conseil communal, le groupe d’opposition Ensemble! a quitté la salle. Le clash s’est produit juste après une interpellation citoyenne sollicitée par un habitant de la commune Jacques Luyckx.

À propos de BetterStreet…

Cette interpellation portait sur la manière dont la commune gère BetterStreet, un outil interactif permettant aux citoyens d’alerter l’administration communale à propos de problèmes constatés sur la voie publique (propreté, signalisation routière, etc).

Cet habitant de Thorembais-St-Trond, gros utilisateur de BetterStreet à Perwez, a pu faire part au conseil communal de ses critiques positives et surtout négatives quant à l’efficacité, la transparence et la communication de la commune avec les utilisateurs de l’application. Son intervention se terminait par une série de questions posées au Collège communal sur les dysfonctionnements constatés.

Réactions de la majorité…

En réponse, l’échevin de la Mobilité Jean-Marc Aldric a tenu à nuancer les propos de Jacques Luyckx. Le mandataire ne nie pas qu’il y a des améliorations à apporter à la gestion de ce service par l’administration communale, mais il conteste le constat dressé par Jacques Luycks. Pour l’échevin, les services communaux ne manquent ni de transparence, ni de dynamisme, ni de proactivité.

Réaction d’André Antoine

La tension est montée d’un cran lorsque le bourgmestre en titre André Antoine a voulu lui aussi répondre à l’interpellation de Jacques Luyckx. L’opposition lui rappellera que seul le Collège communal est habilité à répondre aux interpellations, comme le précise le Code de la Démocratie locale et de la Décentralisation. Or André Antoine ne fait pas partie du Collège communal. Le bourgmestre en titre invoquera alors une circulaire du Ministre Furlan l’autorisant à intervenir. Les protestations du groupe Ensemble ! n’y changeront rien.

A propos de Jacques Luyckx, André Antoine évoquera notamment « un harcèlement administratif » à l’égard du personnel communal. Le bourgmestre en titre abordera ensuite ce qu’il appelle « l’engagement politique » de Jacques Luyckx. L’opposition Ensemble! demande alors à André Antoine de fournir sur le champ la circulaire qu’il invoquait quelques instants auparavant, mais sans résultats. Le groupe décide de quitter sur-le-champ la séance publique, dénonçant un déni de démocratie et laissant la majorité DRC Plus seule avec Jacques Luyckx (voir photo).

Après la prise de parole d’André Antoine, l’auteur de l’interpellation citoyenne aura encore l’occasion de réagir, regrettant le portrait que l’on dresse de lui. Il ajoutera que sa démarche est avant tout constructive, et se dira convaincu que les choses vont s’améliorer.

Emmanuel Schu

Un commentaire sur “Perwez : une interpellation citoyenne qui mène à un clash majorité-opposition

  1. Pour être complet, il eut été correct de mentionner que l’interpellation en tant que telle ne respectait nullement les prérogatives du code de la démocratie locale en ce que sa teneur en séance ne correspond que très partiellement à ce qui avait été transmis au Collège, biaisant de ce fait le débat. Je regrette que le journaliste ne relève pas cet élément essentiel et vérifiable en ce qu’il dispose de la version officielle de l’interpellation et de la version tenue en séance, rendant la comparaison évidente.

    Voici la teneur exacte de la réponse officielle du Collège.
    Ce soir lors du Conseil communal, une interpellation citoyenne était à l’ordre du jour à propos de l’utilisation de Betterstreet par l’administration communale.

    Au nom du Collège, j’y ai répondu en ces termes:

    Conseil communal du 20 juin 2017 relative au fonctionnement de Betterstreet.

    Cher Monsieur Luyckx, votre interpellation relative au fonctionnement de Betterstreet a retenu toute l’attention du Collège communal tant la gestion de la Mobilité est au cœur de son attention, la révision actuelle du Plan communal de Mobilité en étant son point d’orgue.

    Comme vous le mentionnez dans votre interpellation, le sujet de la mobilité est à l’évidence de portée générale, raison pour laquelle Le collège a jugé recevable votre interpellation. Vous constaterez toutefois qu’à la lumière des éléments de réponse que je vous apporte aujourd’hui, que de réelles nuances sont à mentionner quant à la portée d’intérêt général de votre interpellation.

    Avant toute chose, je voudrais, au nom du Collège, profiter moi aussi de cette réponse pour dire, sans détour et sans nuance, à quel point le Collège croit à l’opportunité d’un outil tel que Betterstreet !

    Actuellement, durant une période test, la Province met cet outil à disposition des communes tandis qu’une évaluation est opérée chaque année. Le Collège joue pleinement le jeu en mentionnant systématiquement lors des enquêtes réalisées, les atouts et faiblesses de l’outil ainsi que les améliorations susceptibles d’accroitre encore son utilité et son efficacité.
    Préalablement à votre interpellation proprement dite et à aux questions posées au Collège, vous dressez un portrait peu reluisant de notre commune et singulièrement notre administration communale.

    – Ainsi, vous évoquez les délais qui seraient trop longs, trop variables dans l’enregistrement et le traitement des observations.
    – Aussi, vous citez le « cauchemar » qui serait rencontré par le citoyen actif dans le transfert d’informations vers les instances suppracommunales.
    – Par la suite, vous mentionnez sans retenue le manque de transparence, de dynamisme et de proactivité dont ferait systématiquement preuve l’Administration dans le suivi des observations et des dossiers qui en découlent.
    – Enfin, vous stigmatisez les dysfonctionnent, l’entrave et l’opacité totale dont ferait preuve cette même administration dans sa communication avec le « citoyen actif ».

    Vous conviendrez dès lors, Monsieur Luyckx, qu’au nom du Collège, je ne peux absolument pas laisser sans réponse ce constat qui est le vôtre et qui ne correspond en rien au mode de fonctionnement de notre administration.
    Sur la forme tout d’abord !

    Relevons qu’il est désarçonnant de recevoir une interpellation, en date du 10 mai 2017, visant spécifiquement le Fonctionnement de Betterstreet alors même que le Collège a souhaité mettre spécifiquement cet outil en lumière dans le cadre de la révision du Plan de Mobilité. En effet, tout citoyen et singulièrement le citoyen actif a pu prendre connaissance, dans le bulletin communal de février, de l’encouragement à utiliser Betterstreet dans le cadre de la révision du Plan de mobilité. Ce même bulletin mentionnait toutefois, de manière totalement transparente, que durant la phase d’élaboration du PCM, il n’y aura pas de suivi spécifique à chaque remarque formulée, privilégiant ainsi l’implémentation du plan de Mobilité et le travail de fond. Curieusement, c’est précisément durant cette période que, par cette interpellation, un portrait logiquement totalement biaisé du « fonctionnement de Betterstreet est ainsi dressé. Il s’agit du premier élément de nuance à signaler.

    Sur le fond à présent !

    Bien au-delà du portrait dressé, citons les chiffres !

    BetterSteet, à Perwez, c’est en moyenne 30 observations par mois avec des pics à 70 ces derniers temps avec la révision du Plan communal de Mobilité. Malgré le biais instauré par la révision du PCM, les chiffres actuels montrent que 51 % des observations sont actuellement résolues, 31 % sont en traitement ou planifiées, 14 % ont été transférées vers la Région wallonne et 4% seulement ont été rejetées. Des chiffres transparents et objectifs bien éloignés du constat subjectif qu’établit l’interpellation. A ces chiffres, il faut rajouter un flux d’environ 120 fiches par mois établies par les services techniques sur base d’observations internes à l’administration ou sur base de demandes citoyennes faites par un autre canal que Betterstreett. C’est donc un flux d’environ 150 taches par mois qui sont introduites dans le logiciel 3P qui sert de base à nos services techniques pour suivre et planifier l’ensemble des observations effectuées, indépendante du travail quotidien classique à réaliser par les équipes techniques. Il s’agit du second élément de nuance à signaler.

    A ces chiffres, une observation plus fines permet de constater que 76 % des observations « Betterstreet » sont formulées par un seul citoyen que nous nous permettrons de qualifier de « très actifs » et que 5 autres % sont formulées par 4 autre citoyen actifs. On calcule ainsi aisément que les 19 % résiduels sont formulées par les 8500 autres citoyens. . Il s’agit du troisième élément de nuance à signaler, je ne ferais bien entendu pas l’affront de développer d’avantage mon propos.
    Enfin, un quatrième élément de nuance est à relever ! L’interpellation de ce jour est le seul élément pouvant être considéré comme une plainte, à la connaissance du Collège, il n’y a aucune autre plainte au sujet de l’utilisation de Betterstreet par l’administration.

    Sur le fond toujours !

    Vous relevez les délais très variables. Le Collège ne conteste nullement le caractère variable dans le traitement des demandes. En effet, c’est en regard du caractère variable des demandes que les délais de traitement le sont tout autant. S’il est parfois possible de réparer un panneau dans des délais très courts, ce n’est pas toujours possible. Comme vous le savez, certaines observations doivent faire l’objet d’une décision du Collège, voire du Conseil communal. Ces décisions requièrent parfois des avis préalables, notamment lorsque des règlements doivent être pris. A ces délais décisionnels strictement administratifs, il faut parfois rajouter l’acquisition de matériel dans le respect des procédures de marché publics. Enfin, une latitude est naturellement laissée à l’administration pour planifier et organiser le travail au quotidien, expliquant parfois, ça et là des délais un peu plus longs. Nous pouvons toutefois comprendre que vous souhaiteriez que ça aille plus vite. Je vous rassure, tout le monde le souhaite, le Collège et l’administration en premier lieu.

    Vous relevez aussi le manque de concordance temporelle entre le traitement des observations sur le terrain et le statut de Betterstreet. Je vous le Concède ! Les services techniques privilégient toujours l’action concrète de terrain préalablement au « changement de statut dans Betterstreet ». La plupart des citoyens se satisfont de cette résolution de terrain même si l’outil permet un « feed back ». En fait, si l’alimentation de l’outil est quotidienne au rythme des observations citoyennes, le changement des statuts de « en cours « vers « résolu » se fait d’avantage par ns services par paquets. Relevons toutefois qu’en aucun cas les observations ne sont définies comme résolues si elles ne l’ont pas été sur le terrain.

    Vous mentionnez par la suite, en substance, l’absence de guichet unique lorsque des observations doivent être transférées à la Région wallonne notamment. Reconnaissons-le sans détours, si les délais sont variable au sein de notre commune, ils le sont encore plus lorsque d’autres instances doivent intervenir. Les citoyens peuvent toujours formuler leur demande au sein de la commune, le guichet unique existe bel et bien. Reconnaissons toutefois qu’il est toutefois loisible à quiconque de s’enquérir directement de l’état d’avancement auprès de la Région ou de la province si les informations fournies par la commune lui apparaissent insuffisantes. En d’autres termes aucune généralité ne doit être admise, non le citoyen n’est pas systématiquement invité à téléphoner lui-même comme le laisse sous-entendre votre interpellation.

    Enfin, votre interpellation pose la question de la motivation des refus ! Je vous rappelle au passage que les refus en question ne représentent que 4%. Par ailleurs, contrairement à ce que vous relevez, chacune des décisions du Collège, chacune des décisions du Conseil communal sont formellement motivée comme l’impose la loi de 1991. Il est toutefois possible que les éléments de commentaire repris dans l’outil n’exposent pas de manière exhaustive lesdites motivations, l’outil devant être un outil de gestion souple offrant essentiellement l’opportunité aux citoyens de formuler des observations et suggestions.
    En conclusion, le Collège réitère son souhait de continuer à travailler avec Betterstreet. Il constitue en effet un outil efficace pour les relations normales entre le citoyen et l’administration.
    Betterstreet vient en complément aux autres canaux de communication. Oui, à Perwez il est toujours possible de contacter l’administration par téléphone, par courrier par courrier électronique tandis que les portes restent toujours ouvertes pur un contact direct.

    Le collège et l’administration tentent de répondre aux nombreuses sollicitations citoyennes et ce de manière équitable entre TOUS, qu’ils soient qualifiés d’actifs ou plus modestement de citoyen.

    Rappelons enfin que la plupart des observations sont canalisées par un seul agent, tandis que les résolutions concrètes s’opèrent sur le terrain par les services techniques. Même si à l’évidence il y a encore de la marge pour exploiter toutes les fonctionnalités de l’outil ; même s’il faut encore et encore améliorer le service au citoyens, communiquer d’avantage ; améliorer encore l’efficience des actions prises ; non le constat fait par l’interpellation de ce soit n’est pas représentatif d’une réalité.

    Je veux finir cette réponse en réitérant notre soutien plein et entier à nos services. Non l’administration n’est pas opaque, non l’administration ne manque pas de transparence, non l’administration ne manque pas de proactivité.

    Pour finir par une note résolument positive, le Collège prend au final cette interpellation comme une marque d’encouragement à poursuivre dans sa démarche d’amélioration continue au moyen notamment d’outils de gestion novateurs.

    Comme vous le souhaitez Monsieur LUYCKX, des points relatifs à la Mobilité continueront d’être soumis à l’approbation du Conseil communal tant par le collège ou la Majorité que par la Minorité comme c’est le cas à pratiquement chaque Conseil. En effet, il y a autour de cette table 19 citoyens particulièrement actifs qui se sont soumis au suffrage des citoyens pour défendre l’intérêt général et assurer un contrôle parfois vigoureux mais sain.

    On remet cela tous les six ans et chaque citoyen est le bienvenu.

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