L’Histoire du jour: la Ferme d’Alvaux a traversé les siècles à Perwez

La Ferme d’Alvaux, c’est une ancienne ferme seigneuriale, située au nord-est de Perwez, dans le hameau du Warichet, en aval de la grande Gette, d’où l’origine probable de son nom. Ce nom n’a rien de très original ; il se retrouve dans bien d’autres villages : à Nil-Pierreux, Bossière, Bothey,  Mazy, etc.

Comme la plupart des fermes de la région, elle souffrit beaucoup des guerres du 16 et du 17 e  siècle. Entièrement mise à bas, elle fut reconstruite par la famille de Tombeur en 1628.  A peine réédifiée, elle fut à nouveau l’objet d’attaques de pillards et de la soldatesque.  Elle fut de nouveau incendiée en 1672 et en 1675 lors de la guerre de Hollande menée par Louis XIV. Après avoir subi tous ces malheurs, elle est courageusement rebâtie par Pierre de l’Escaille au début du 18 e  siècle. Elle sera à nouveau entièrement pillée quelques années plus tard par les armées de Louis XV. Les Français ne nous ont guère laissé de bons souvenirs… A l’origine, les bâtiments principaux entouraient une cour quadrangulaire, dans laquelle on pénétrait par un large portail surmonté d’une tourelle coiffée d’un clocheton. Au-dessus de ce portail, étaient encastrés deux écussons superposés. Ceux-ci ont été replacés de chaque côtés de l’arc-cintré de l’actuelle entrée. Ces blasons sont ceux des familles de Tombeur (franc-
quartier au lion avec dix besants visibles) et de l’Escaille (avec heaume grillagé, aigle éployée et bride de cheval) qui chaque fois entreprirent de la relever de ses ruines.

Depuis son acquisition, dans le courant du 20e  siècle, par la famille Minne, elle a été complètement réaménagée en un complexe agricole plutôt hétéroclite. Défigurée par des travaux d’aménagement externes, elle a perdu son caractère d’autrefois. Le corps de logis du XVII ème  siècle a subi de nombreuses transformations.  L’aile basse comporte un niveau et demi sous une bâtière aiguë ; l’autre partie à deux étages est couverte
d’une toiture à croupettes. La façade côté cour est en briques sur un haut soubassement en moellons avec biseau ; les entrées de cave sont à linteau droit ; une fenêtre à traverse intacte est surmontée d’un petit arc de décharge et ses montants sont chaînés de grès. Pour le reste,
notons des baies en pierre bleue plus récentes. Une haute frise de briques et boulins se voit sous la corniche. Face extérieure creusée de fenêtres à croisée et à traverse horizontale et arc de décharge ; deux fenêtres ont été transformées.  Écuries basses en briques sur une base chanfreinée en moellons ; boulins et frise sous la bâtière d’Eternit ; portes cintrées jumelées et fenêtres carrées ; une fenêtre à traverse y subsiste néanmoins. Belle grange en long sur la droite avec porte cochère dont l’arc en plein cintre fut remplacé par un linteau droit.

Remarquons de chaque côté de l’entrée des bornes d’amarrage provenant de la barrière antichar, appelée ligne KW, qui longeait la ferme au début de la dernière guerre.

Jean-Marie Verraghenne et Jules Wilmet du cercle historique de Perwez.

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