Gembloux : huit mois d’accueil chaotiques mais solidaires des réfugiés ukrainiens

Il y avait du monde ce lundi à 18h dans la salle du conseil de l’hôtel de ville de Gembloux. Avant la séance du conseil communal, les conseillers communaux et de l’Action sociale étaient réunis pour leur séance conjointe annuelle. L’occasion d’évoquer les synergies qu’entretiennent les deux entités.

Parmi les partenariats marquants de l’année, il y a les collaborations des services Énergie du CPAS et de la commune qui sont énormément sollicités ces derniers mois : davantage de citoyens font appel à eux et le public se diversifie. La cellule Énergie du CPAS comptabilise 30% de propriétaires et 25% de travailleurs parmi ses visiteurs.

Huit mois tumultueux de gestion de l’accueil des Ukrainiens

Autre fait marquant de 2022 : l’accueil des réfugiés ukrainiens. Benoît Malisoux, le coordinateur PLANU, chargé de la gestion de crise et de la planification d’urgence pour la Ville de Gembloux, est venu expliquer aux élus huit mois de gestion de l’accueil et de l’accompagnement des réfugiés ukrainiens.

Dès le premier mars, un point de collecte a été mis en place dans l’hôtel de ville. Il a permis de récolter 6 tonnes de matériel, de vivres et de médicaments. L’accueil des réfugiés s’est ensuite rapidement mis en place. La Ville a pu compter sur près de 130 hébergements pour environ 300 lits. Plus de 150 réfugiés ont transité par Gembloux. Un peu plus de 80 sont encore présents sur le territoire, dont la moitié habitent désormais dans des biens qu’ils louent.

Le coordinateur PLANU a présenté huit mois d’accueil des Ukraininens aux élus de la Ville et du CPAS.

Benoît Malisoux a dénoncé la gestion chaotique de Fedasil, l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile, et celle des autres niveaux de pouvoirs. « On m’a par exemple informé de l’arrivée d’un réfugié en taxi directement au domicile d’un hébergeur. Il est en fait arrivé en train avec l’adresse écrite sur un bout de papier. Il a erré plusieurs heures en ville » a expliqué le coordinateur PLANU. « Lorsqu’un car de réfugiés allait arriver, le nombre de passagers qu’on me donnait changeait tout le temps. Je ne recevais la composition des familles que très peu de temps avant leur arrivée. La première fois, j’ai eu une heure trente pour trouver les logements adéquats pour chacune et prévenir les hébergeurs » a encore raconté Benoît Malisoux.

Le fonctionnaire explique également les freins qui ont découragé certains hébergeurs : la protection des données, le contrôle du casier judiciaire, des conditions d’hébergements et de la salubrité des lieux ainsi que la domiciliation des réfugiés qui est sans impact pour l’hébergeur mais qui retire la possibilité de les « expulser » sans décision de justice. Benoît Malisoux craint que les capacités d’accueil ne suffisent pas pour répondre aux besoins dans les prochaines semaines.

Il souligne néanmoins aussi les nombreux points positifs à dégager de cette gestion de crise : la rédaction d’un vade mecum de l’hébergement, les partenariats avec les écoles et les acteurs de terrain comme le Service Entraide Migrants, le groupe Alpha et l’Atrium 57. Le centre culturel a notamment organisé des groupes de parole pour les hébergeurs.

L’administration se mobilise pour tendre vers le zéro déchet

Une fois les conseillers de l’Action sociale partis, le conseil communal a débuté. Laurence Dooms (Ecolo) a évoqué la poursuite de la démarche Zéro déchet, notamment au sein de l’administration. « Une éco-team est mise en place. Des petits composts sont placés près des cuisines. Une boîte d’échanges est installée depuis quelques semaines. Elle a été confectionnée par le menuisier de la ville et elle a beaucoup de succès. Ce sont des petits gestes mais ensemble, ils constituent une vraie dynamique  » a expliqué l’échevine de la Transition écologique.

La give box a du succès au sein de l’administration communale.

En matière de gestion des déchets, l’opposition socialiste regrette au contraire que la ville ne mette pas davantage d’actions en place. Elle regrette également que la Ville ne gèle pas l’indexation de la taxe déchets prévue l’an prochain. « 25% d’augmentation tous les deux ans, ça fait beaucoup pour les citoyens qui trinquent déjà. Alors que vous pourriez geler la taxe, d’autant que le Gouvernement wallon autorise le non-respect du taux de couverture des coûts pour 2023 et 2024  » a dénoncé Valérie Hautot (PS).

« Tout augmente, pour le BEP aussi. Ceux qui font beaucoup d’efforts pour limiter leurs déchets paient certes pour ceux qui jettent beaucoup de déchets mais ce n’est pas évident de trouver le meilleur équilibre » lui a répondu Laurence Dooms. « En réalité, il y a entre 100 et 150 000 euros que la Ville ne va pas chercher dans le portefeuille des citoyens pour la gestion des déchets » a complété Gauthier Le Bussy (Ecolo), l’échevin des Finances.

« Aujourd’hui, on atteint le maximum de ce que peut accepter le Gembloutois. Il y a un risque de rejet du système. On ne peut pas continuer dans cette voie mais la discussion doit se tenir à un autre niveau de pouvoir. Aujourd’hui, il y a une véritable commercialisation des déchets et c’est sans doute là qu’est le problème. L’année va financièrement mieux se terminer que prévu pour le BEP » analyse Alain Goda (MR), conseiller communal et administrateur du BEP Environnement.

Un soutien financier supplémentaire de la Ville pour le CPAS

Les finances ont continué de faire débat durant le reste de la séance. Avec notamment les modifications budgétaires du CPAS et de la Ville. L’achat d’un véhicule électrique pour le CPAS s’ajoute aux dépenses extraordinaires de l’année. Un achat dénoncé par le libéral Santos Lekeu-Hinostroza qui préférerait que les moyens soient mis ailleurs. Le MR a voté contre la modification budgétaire du CPAS. PS et DéFI se sont abstenus.

La ville, de son côté, débloque 326 000 euros supplémentaires pour le CPAS afin de compenser l’indexation des salaires.

Derniers points financiers qui n’ont pas réconcilié majorité et opposition : l’indexation de certaines taxes comme la taxe pour les secondes résidences et celle pour les séjours touristiques. « Augmenter les taxes dans une période de crise ou le citoyen est mis à mal, ce n’est pas le bon moment. Nous ne sommes pas contre les taxes mais en raison du mal être de nos concitoyens qu’ils soient de Gembloux ou pas, on se doit de les aider à sortir la tête hors de l’eau en ces temps de tempête plutôt que de les couler encore plus » exhorte Valérie Hautot. « Vous augmentez la pression sur le contribuable. Il faut aussi travailler sur les dépenses » a ajouté Santos Lekeu-Hinostroza. Le bourgmestre Benoît Dispa (Bailli) a précisé que la proportion de Gembloutois concernés par ces augmentations est marginale. 

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