Aquaponie : l’Europe débloque 2 millions d’euros pour le développement de cette technique écologique

L’aquaponie est une technique écologique qui offre l’opportunité de combiner la production de légumes et de poissons. En effet, l’eau enrichie par les déjections des poissons est utilisée pour nourrir les plantes. Une fois filtrée par les plantes, l’eau peut être renvoyée dans l’eau des poissons. « Un déchet de la pisciculture devient donc une matière première pour l’agriculture. Cette technique est donc susceptible de préserver l’environnement« , explique Haissam Jijakli, professeur en Agronomie Urbaine et en Phytopathologie à la Faculté Agro-Bio Tech de Gembloux (ULiège).

L’aquaponie offre donc une panoplie d’avantages indéniables:

  • Diminution de la demande en eau, de la quantité de déjection de poissons dans la nature et des besoins en fertilisants de synthèse pour les légumes ;
  • Production alimentaire dans des environnements normalement inappropriés tels que des sols pollués, des environnements urbains ou encore des régions arides ;
  • Suppression de l’utilisation de pesticide et antibiotique.

L’aquaponie permet donc d’obtenir des légumes et des poissons frais, en réduisant également considérablement l’impact écologique.

Des subsides pour lever les freins au développement de l’aquaponie

L’aquaponie connaît actuellement une expansion au niveau mondial. La Belgique et la France contribuent pleinement à ce développement. Que ce soit chez des particuliers, dans des écoles, des communautés urbaines, des universités, des magasins et restaurants, des sociétés industrielles, des fermes urbaines, etc., des systèmes se développent. Cependant, comme c’est le cas pour toute nouveauté, l’expertise qui prend forme dans le bassin franco-belge manquait de moyens et d’outils accessibles à tous. « Désormais, avec les 2 millions d’euros de subsides octroyés par l’Europe, nous allons pouvoir lever les freins au développement de l’aquaponie« , poursuit le professeur Haissam Jijakli. « Nous allons avoir l’opportunité de mettre en oeuvre notre projet Smart Aquaponics. Il s’agit d’un projet Interreg France-Wallonie-Vlaanderen créé par des écoles secondaires et supérieures, mais aussi des universités. »

L’objectif de ce projet est de promouvoir l’adoption et le développement de l’aquaponie. Pour y parvenir, Smart Aquaponics a développé plusieurs outils connectés :

  • Un outil de formation: il est composé d’un jeu pour PC et smartphone et de modules de cours théoriques. Le jeu permet de manipuler des systèmes aquaponiques virtuels de complexité variable. Les publics cibles sont les niveaux d’enseignements secondaires techniques, supérieurs et universitaires ainsi que les autodidactes et le milieu associatif ;
  • Un outil d’aide à la décision simulant des systèmes aquaponiques fictifs. La simulation estime les rendements et la stabilité des systèmes et permet d’en affiner la conception. Elle intègre également la conception complète des systèmes aquaponiques et l’achat en ligne des différents composants. Cet outil modélisera aussi bien des systèmes artisanaux qu’industriels ;
  • Un outil de monitoring des systèmes aquaponiques. Grâce à cet outil, l’utilisateur peut suivre l’état du système, mais aussi anticiper les problèmes potentiels. Il se fait sur base de capteurs connectés.

Smart Aquaponics : un projet coordonné par la Faculté de Gembloux Agro-Bio Tech

La coordination de ce projet se trouve dans les mains de la Faculté Agro-Bio Tech de Gembloux. « Le rôle de notre Faculté est de coordonner tous les partenaires mais aussi de leur attribuer des tâches complémentaires et transnationales. Sur le plan scientifique, elle est chargée de développer un modèle permettant de gérer le système aquaponique. Ce développement va se faire à partir d’un système aquaponique déjà présent sur le site de la Faculté depuis plusieurs années, et un autre, plus imposant, de 400 mètres carrés, opérationnel depuis le début du mois de septembre« , ponctue Haissam Jijakli, professeur en Agronomie Urbaine et en Phytopathologie à la Faculté Agro-Bio Tech de Gembloux (ULiège).

Thomas Béchet.

Source : Communiqué de presse de l’Uliège.

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